EXPLOITATION DU PÉTROLE LOCAL Le Sénégal revoit sa collaboration avec son principal fournisseur : le Nigéria
La visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à Abuja et à Accra, intervient au moment opportun alors que le Sénégal cherche à réduire sa dépendance aux importations du pétrole brut du Nigériaqui représente 99,9% des importations de ce produit. Le Sénégal est aujourd’hui dans une transition vers l’exploitation de ses propres ressources énergétiques .
Après des succès dans sa diplomatie en Mauritanie, Gambie, Guinée-Bissau et en Côte d’Ivoire, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, poursuit son agenda au Nigéria et au Ghana. Ces visites renforcent les liens historiques entre le Sénégal et ses voisins, mettant l’accent sur la consolidation de la coopération bilatérale et l’intégration régionale au sein de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Cette visite de 48 heures, prévue les 16 et 17 mai 2024, s’inscrit dans le cadre du Projet pour un Sénégal souverain, juste et prospère.
D’ailleurs, le chef de l’État sénégalais a démarré la première étape au Nigéria, ce jeudi. Au Nigéria, selon le communiqué du Bureau d’Information Gouvernementale (BIG), Diomaye Faye a discuté de la coopération dans le secteur pétrolier et gazier, un domaine où le Sénégal s’inspire de l’expérience nigériane. Le protocole d’accord entre l’Agence nationale de surveillance du contenu local du Sénégal (CNSCL) et le Conseil nigérian de suivi du développement du contenu local (NCDMB), illustre cet engagement commun. En effet, le Nigéria est un partenaire clé, fournissant 99,9% des importations sénégalaises de pétrole brut. En Afrique, le Nigéria figure sur la liste des principaux fournisseurs du Sénégal en 2022 avec un montant estimé à 331,2 milliards FCFA. Dans la zone CEDEAO, Abuja garde la même place avec 68,7% des exportations vers le Sénégal.
Cependant, cette dynamique est en mutation alors que le Sénégal se prépare à exploiter ses propres ressources en pétrole et gaz, marquant un tournant majeur dans son développement énergétique.
Cette transition reflète un changement vers une relation plus équilibrée dans le secteur énergétique, offrant de nouvelles perspectives de coopération entre les deux nations ; surtout que le Nigéria reste un client important pour notre pays, avec des exportations estimées à 16,3 milliards FCFA en 2022 contre 12,2 milliards en 2021.
ÉCHANGE DE COMPÉTENCES AVEC LE GHANA
Le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, attendu au Ghana aujourd’hui, vendredi, a des objectifs d’optimisation, avec son homologue Nana Akufo-Addo, des ressources pétrolières et gazières.
Comme il l’a fait avec le Nigéria, le Sénégal a hissé l’exploitation des ressources pétrolières et gazières au centre de ses relations avec le Ghana. Il s’agit, pour les deux pays, de partager les expériences réussies. Cela, en vue d’exploiter de manière optimale les ressources qui suscitent beaucoup d’espoir de la part des populations.
Le Ghana est aussi un partenaire commercial de premier plan pour le Sénégal, occupant une place importante dans les échanges au sein de la CEDEAO. Ses exportations vers notre pays sont évaluées à 43,6 milliards FCFA, soit 9,0% en 2022. Ce qui en fait l’un des principaux fournisseurs du Sénégal dans la zone CEDEAO, derrière le Nigéria (331,2 milliards FCFA, soit 68,7%) et la Côte d’Ivoire (72,8 milliards FCFA, soit 15,1%). Ces pays détiennent à eux seuls 92,8% des importations du Sénégal venant des pays de la CEDEAO (NACE 2022). Inversement, les exportations du Sénégal vers le Ghana sont estimées à 21,2 milliards FCFA en 2022 contre 14 milliards FCFA en 2021.
Cette révision des accords et cette quête d’autonomie énergétique représentent un moment décisif pour le Sénégal, marquant, dès lors, une nouvelle étape dans son évolution économique et politique. En réévaluant ses liens avec ses partenaires régionaux, le Sénégal affirme sa volonté de prendre en main son propre développement énergétique et de réduire sa dépendance vis-à-vis des importations de pétrole brut.
Penda THIAM