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FONDS JAM : Á Bambilor, Mimi Touré met Sonko au défi

Aziz Watt

La bataille de la reddition des comptes prend une nouvelle tournure. Aminata Touré réclame une commission d’enquête parlementaire sur le fonds JAM pour la paix en Casamance et interpelle directement Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale. En toile de fond, des interrogations sur l’utilisation de ressources destinées à soutenir la paix dans le Sud du Sénégal.

 

La transparence comme ligne de défense, le fonds JAM comme nouveau terrain de confrontation : Aminata Touré hausse le ton et place Ousmane Sonko face à une demande précise. La superviseure générale de Kiiraay veut que les députés se penchent sur la gestion de ce fonds destiné à accompagner les efforts de paix en Casamance. Pour elle, la reddition des comptes ne saurait se limiter à certains dossiers pendant que d’autres resteraient hors du champ des investigations.

« Je rappelle aux Sénégalais que Kiiraay et le président Bassirou Diomaye Faye sont les premiers à défendre la transparence et la reddition des comptes. Que ça soit clair, personne ne peut nous donner des leçons sur ça », a déclaré l’ancienne Première ministre lors d’un rassemblement politique à Bambilor.

Dans la foulée, elle a directement interpellé le président de l’Assemblée nationale. « Il faut aussi que le fonds JAM pour la paix en Casamance soit intégré dans les enquêtes parlementaires. Que le président de l’Assemblée nationale fasse cette commission d’enquête parlementaire. S’ils le font, la transparence sera totale », a-t-elle insisté.

SONKO FACE À L’EXIGENCE DE TRANSPARENCE.

La demande de Mimi Touré intervient alors que plusieurs commissions d’enquête parlementaire travaillent déjà sur des dossiers liés à la gestion publique. Le fonds JAM ne figure pas parmi les dossiers annoncés pour ces commissions, ce qui nourrit l’argument de Kiiraay en faveur d’un examen spécifique.

Lors de cette rencontre il a été  soulevé des questions sur l’utilisation de plusieurs milliards de francs CFA provenant de ce compte entre 2025 et 2026. Le mouvement conteste notamment certaines dépenses qui auraient servi à l’acquisition de véhicules et à des travaux sur un bâtiment administratif. Ces éléments constituent des mises en cause politiques qui doivent être examinées à la lumière des documents comptables et des explications des autorités concernées.

Le débat porte donc sur deux exigences : établir précisément l’affectation des ressources et déterminer si les dépenses engagées correspondent à la vocation du fonds. Une commission d’enquête pourrait contribuer à éclairer ces questions, à condition de disposer des pièces nécessaires et d’entendre les différentes parties.

 

LA PAIX EN CASAMANCE AU CŒUR DU DÉBAT.

 

Au-delà du bras de fer politique, le dossier touche à un enjeu sensible : l’utilisation de ressources associées à la paix en Casamance. La traçabilité de ces fonds et la justification des dépenses revêtent une importance particulière au regard de leur finalité annoncée.

 

La balle est désormais dans le camp de l’Assemblée nationale. Ousmane Sonko donnera-t-il suite à la demande d’enquête ?

Et les autorités apporteront-elles des éléments détaillés sur l’utilisation du fonds JAM ?

Autant de questions auxquelles seule une documentation vérifiable et un examen contradictoire pourront apporter des réponses.

 

Pour Aminata Touré, le principe est posé , la transparence doit s’appliquer à tous les dossiers concernés. Reste à savoir si cette exigence se traduira par une enquête parlementaire.

 

Mohamed Sy

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