Votre site d'informations généraliste

Garantie financière : le ministre Abdourahmane Sarr plaide pour un nouveau paradigme africain

« L’argent, il y en a assez dans le monde. Le problème africain est un problème de structuration des projets et de partage du risque. » C’est par ces mots forts que le Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a ouvert, ce lundi à Dakar, la Conférence internationale sur la garantie financière. Présidant la cérémonie au nom du Premier ministre Ousmane Sonko, il a livré une allocution ambitieuse sur la nécessité de repenser les mécanismes de financement du développement africain.

Face aux ambassadeurs, dirigeants d’institutions financières et représentants du secteur privé réunis à l’hôtel King Fahd Palace, le ministre a posé un diagnostic sans complaisance. « Transformer le potentiel économique en investissement massif, durable et productif » reste, selon lui, le défi majeur du continent. Pour y répondre, il a exposé une doctrine en trois temps : « Préparer, dérisquer, financer les projets. »

M. Sarr a surtout appelé à une évolution en profondeur du rôle des institutions de garantie. « Elles ne peuvent plus être considérées uniquement comme des instruments techniques d’atténuation du risque bancaire. Elles doivent désormais devenir de véritables instruments de transformation productive », a-t-il martelé, insistant sur l’urgence de financer l’industrialisation, l’agro-transformation et les chaînes de valeur régionales.

Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et le durcissement des conditions financières, le ministre a également évoqué les perspectives offertes par l’APIGA, tout en mettant en garde : « L’intégration commerciale ne suffira pas à elle seule. Sans capacités productives compétitives, le risque est de voir persister les déséquilibres entre économies africaines. »

Inscrivant son propos dans la Vision Sénégal 2050, Abdourahmane Sarr a réaffirmé la conviction du gouvernement sénégalais : « Aucune transformation durable ne peut être réalisée sans un secteur privé national fort, des institutions financières solides et des mécanismes efficaces de partage du risque. »

Avant de déclarer ouverte la conférence, le ministre a formulé le vœu que Dakar devienne « un point de départ pour accélérer la construction d’un écosystème africain de financement ». Une ambition qui passe, a-t-il conclu, par la mobilisation de l’épargne africaine et le renforcement des capacités collectives de garantie, seule voie vers une souveraineté économique durable.

Aziz WATT

laissez un commentaire