La capitale sénégalaise vit au rythme d’une perturbation majeure depuis lundi. À l’appel de la Fédération des syndicats des transports routiers du Sénégal (FSTRS), un mouvement de grève de trois jours a fortement réduit l’offre de transport en commun, plongeant des milliers d’usagers dans de longues files d’attente.
Dès les premières heures, les axes habituellement saturés ont affiché une fluidité trompeuse. Les cars rapides et les minibus « Ndiaga Ndiaye », largement absents, ont cédé la place à des files d’attente interminables aux points stratégiques : Foire, Patte d’Oie, université Cheikh Anta Diop ou encore Petersen. « Depuis une heure, j’attends pour aller en ville. Rien ne passe », confie Mariama Cissé, employée, résignée face au retard inévitable.
Seuls les bus de l’AFTU ont continué à circuler, offrant un service minimum rapidement débordé. Aux heures de pointe, ces véhicules ont été pris d’assaut, témoignant d’une demande bien supérieure à l’offre disponible.
Les syndicats justifient ce mouvement par des revendications structurelles : prolifération du transport illégal, rackets, harcèlement policier et multiplication des points de contrôle. « On ne peut plus travailler normalement. À chaque coin de rue, il y a un contrôle », déplore un conducteur ayant requis l’anonymat.
Face à cette paralysie, le ministre des Infrastructures a invité les gouverneurs à sécuriser les exploitants souhaitant poursuivre leur activité. Mais pour les usagers, l’heure est à l’exaspération. Si certains comprennent les revendications, beaucoup réclament des solutions durables. « Il faut que l’État règle ça une bonne fois pour toutes », martèle un commerçant de la Médina, tandis qu’à Petersen, plusieurs voix appellent à renforcer les bus structurés de Dakar Dem Dikk.
En l’absence d’accord, la poursuite du mouvement risque d’aggraver les difficultés de déplacement dans une capitale fortement dépendante du transport routier.
Aziz WATT