GRÈVE SOUS HAUTE TENSION A LA SENELEC : La Direction place la continuité du service public au cœur de ses priorités

À Dakar, le gouverneur a ordonné la réquisition de certains agents du 21 au 23 octobre. Une mesure contestée par le Syndicat unique des travailleurs de l’électricité (SUTELEC), qui dénonce une application abusive des règles encadrant la réquisition. La bataille sociale se joue aussi sur le réseau électrique. Alors que le SUTELEC maintient son mot d’ordre de grève pour les 21, 22 et 23 octobre, les autorités administratives ont décidé de mobiliser une partie du personnel de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) afin de préserver la fourniture d’électricité et la sécurité des installations.
Signé par le gouverneur de Dakar, Ousmane Kane, l’arrêté de réquisition concerne les agents dont les noms figurent sur une liste annexée au document. La décision fait suite à une demande du directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye, datée du 20 octobre. Les travailleurs concernés sont tenus de rejoindre leurs postes et d’assurer les missions indispensables au fonctionnement du service public. Mais cette mesure est loin de faire l’unanimité. Le secrétaire général du SUTELEC, Habib Aïdara, estime que les réquisitions sont abusives. Intervenant sur la RFM, il soutient que l’autorité administrative n’a pas suffisamment identifié les postes stratégiques concernés, notamment dans la production, le transport et la distribution de l’électricité. Selon lui, la mesure toucherait une part trop importante du personnel. Le syndicat envisage des démarches pour faire examiner la légalité de la décision. Il a toutefois demandé aux agents figurant sur la liste de réquisition de rejoindre leurs postes de travail.
Des revendications toujours en suspens
Au-delà du bras de fer sur les réquisitions, le conflit porte sur plusieurs revendications, notamment le paiement de la prime sur le résultat annuel bénéficiaire de 2025 (PRAB), le contrat AKILEE et le processus de filialisation de la société. Sur la prime, la direction générale affirme qu’un procès-verbal de conciliation a été signé le 1er septembre 2026 avec la Confédération des syndicats de travailleurs du Sénégal (CSTS), à l’issue d’une rencontre à la Direction générale du travail et de la sécurité sociale. Le gouvernement, par la voix du ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a indiqué que la décision finale sur le paiement relève du président de la République. La crise révèle ainsi deux exigences difficiles à concilier : le respect du droit de grève et la continuité d’un service indispensable aux ménages, aux entreprises et aux structures de santé. Au-delà de la confrontation, l’issue dépendra de la capacité des différentes parties à reprendre le dialogue et à clarifier les points de désaccord. À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, la stabilité du service électrique constitue également un enjeu majeur. Reste à savoir si la réquisition permettra de limiter les perturbations ou si le conflit social continuera de peser sur le fonctionnement de la société.