Les jeunes, garçons comme filles utilisent de plus de la drogue. La plus consommée ces dernières années est l’ecstasy familièrement appelé ‘’drogue de l’amour ou ‘’volet’’. Une drogue qui fait des ravages chez les jeunes. Cette drogue, jadis utilisée dans les boites de nuit est devenue le ‘’bonbon’’ des jeunes dans les quartiers.
Ancienne consommatrice de la drogue de l’amour Aicha (nom d’emprunt) souffre de problèmes psychiques. Une des conséquences de toute drogue. Mais, la jeune fille de 17 ans était adepte du ‘’volet’’. Avec un regard vide, elle nous raconte comment elle est tombée dans ce cycle vicieux.
Rencontrée à la plage de Mbatal, sise dans la commune de Thiaroye Sur Mer, elle confie : « j’ai commencé à utiliser de la drogue (volet) il y a trois ans. J’étais en 4eme secondaire dans un établissement privé. J’avais 14 ans. Je trainais toujours avec les garçons de notre classe et du quartier. Le grand frère d’un de mes amis fumait de la chicha avec des copains, chez eux. Je venais souvent dans cette maison même quand mon camarade n’était pas là-bas. A côté de la chicha, certains d’entre-deux consommaient du chanvre indien et le ‘’volet’’ quand ils devaient sortir en boite».
Très précoce physiquement, Aïcha était toujours avec la bande du grand frère de son camarade. Elle commence à sécher les cours et à les suivre à la plage ou dans des appartements loués juste pour la journée. Se rappelant du jour où elle a gouté à la ‘’drogue de l’amour’’, Aïcha, pensive, la main à la bouche, le regard perdu confie : « j’ai gâché ma vie pour rien. »
« On était à la plage et un membre de la bande m’a proposé une pièce. Elle était en forme de cœur et de couleur jaune. J’ai voulu juste tester et j’ai sombré dans ce trou. Je regrette. Je suis dépressive et je souffre énormément. On cotisait pour 5000 ou 8000f pour en acheter », regrette la jeune fille de 17 ans. Aicha était accro à la drogue sans que sa famille s’en rencontre. Cependant, elle qui était très proche de sa mère, commence à attaquer verbalement cette dernière. En plus d’être nerveuse et colérique, elle avait des crises.
LA PEUR DE RENOUER AVEC…
Sa mère pensait que son enfant passait juste la phase adolescence. Mais, non. Un jour, suite à une crise, elle est conduite à l’hôpital et le médecin a confié à son frère et sa mère que la drogue était à la source de ses crises. « Ce n’était pas facile pour ma mère mais, elle a toujours été là pour moi », se rappelle-t-elle.
« J’ai été internée à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye pendant quatre semaines pour une cure de désintoxication. Je suis clean maintenant. Mais, j’ai peur de retomber dans ce trou. Je regrette. J’étais la copine de toute la bande », confie la demoiselle avec un air désespéré.
Aujourd’hui, Aïcha ne fréquente plus la bande mais, a de leurs nouvelles. Elle nous confirme que l’un d’eux a complètement perdu la raison à cause de la ‘’drogue de l’amour’’.
Les aspects médicaux du « volet », selon l’addictologue et responsable du Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (CEPIAD), Le Professeur Idrissa Ba
« L’ecstasy est un dérivé des amphétamines qui, dans la classification des drogues, selon leurs effets cliniques, font partie des stimulants. Ce sont donc des substances psychoactives qui génèrent de l’excitation au niveau moteur et psychosexuel. Une consommation régulière de cette drogue entraine, avec le temps, un amaigrissement et parfois une irritabilité. L’ecstasy peut provoquer une forme de dépendance psychique. Des dépressions graves, nécessitant un traitement médical, qui peuvent survenir en cas d’usage intense.
La perte de poids chez le consommateur s’explique par la perte d’appétit due à la consommation d’amphétamines qui sont des coupe-faim. La consommation d’ecstasy (ou » Volet » dans le jargon courant) peut entrainer des nausées, des sueurs, des maux de tête. Surtout, elle peut provoquer une déshydratation et une élévation de la température (hyperthermie), d’autant plus forte que la consommation se trouve dans une ambiance surchauffée et fait un effort physique important, comme souvent lors des fêtes ou de raves. Des troubles neuropsychiatriques (angoisse, hallucinations), des troubles digestifs et des pertes de connaissances ont été décrits. »
Par Fanta Diallo Ba