JOJ Dakar 2026 : Un appel à renforcer la protection des enfants

À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, les acteurs de la protection de l’enfance sont appelés à renforcer leur coordination afin de prévenir et de prendre en charge rapidement les éventuelles violations des droits des enfants. La coordinatrice régionale du projet d’Appui à la protection des enfants victimes de violence (PAPEV), Aminata Kébé, a insisté, jeudi à Somone (Mbour), sur la nécessité d’une meilleure coordination des différents intervenants dans la chaîne de protection de l’enfance.
« Ce que nous attendons des acteurs, c’est d’abord une meilleure connaissance des règles de protection des enfants, une meilleure coordination dans la protection des enfants et une meilleure connaissance de toutes les étapes, de l’alerte à la prise en charge », a-t-elle déclaré. Experte en droits de l’homme et genre au Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Mme Kébé s’exprimait lors d’un atelier multisectoriel consacré au renforcement des capacités et à la sensibilisation sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels dans le contexte des voyages et du tourisme. Elle a souligné que la forte mobilisation attendue autour des JOJ, avec l’arrivée de participants et de visiteurs de plusieurs pays, pourrait avoir des répercussions sur la protection de l’enfance. « Cela aura forcément des implications en termes de protection de l’enfance », a-t-elle relevé, appelant les différents acteurs à se préparer à d’éventuelles situations de violation des droits des enfants.
L’atelier, organisé avec le ministère de la Justice, le département chargé du Tourisme et les acteurs locaux, vise à renforcer les capacités des intervenants afin de leur permettre de détecter les situations à risque, de donner l’alerte et d’assurer une prise en charge appropriée. Aminata Kébé a particulièrement insisté sur le rôle des communautés, des professionnels de l’hôtellerie et des officiers de police judiciaire. Selon elle, chaque acteur doit connaître précisément ses responsabilités dans la chaîne de protection. « S’il n’y a pas une bonne coordination, une bonne connaissance de chacun de ce qui le concerne, quand il doit agir et comment il doit agir, la protection ne serait ni effective ni efficace », a-t-elle averti.
La rencontre réunit également des participants venus de la Guinée, de la Gambie et de la Guinée-Bissau. Cette participation régionale doit favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques, mais aussi renforcer la coopération entre les différents pays dans la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels visant les enfants. Représentant le ministre de la Justice, la directrice des Affaires civiles et du Sceau, Marie Odile Thiakane, a réaffirmé l’engagement de son département dans la protection des enfants contre toutes les formes d’exploitation et d’abus sexuels. « Quand il s’agit de la protection de l’enfant contre l’exploitation et les abus sexuels, vous pouvez comprendre que le ministère de la Justice est aux premières loges », a-t-elle déclaré. Mme Thiakane a toutefois rappelé que l’organisation des JOJ constitue « un honneur pour le Sénégal », tout en appelant les autorités et les acteurs concernés à rester « alertes et vigilants » face à la forte affluence internationale attendue à cette occasion.
Elle a plaidé pour une « réaction commune » et une meilleure « interopérabilité entre les départements ministériels », estimant que la protection des enfants exige une réponse concertée et rapide. La directrice des Affaires civiles et du Sceau a enfin assuré que le ministère de la Justice participera au suivi des travaux, notamment sur les questions relatives au cadre juridique et à l’application des textes en matière de protection de l’enfance.
Aïssatou SOW