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LFR 2026 : APRÈS LA FALSIFICATION, LE REJET !! QUEL CULOT !!

Aziz Watt

Il fallait oser ! Ceux qui, hier encore, promettaient au président de la République une majorité parlementaire forte, disciplinée et entièrement mobilisée derrière son projet pour le Sénégal viennent aujourd’hui de falsifier un rapport en commission des finances et de rejeter la Loi de finances rectificative (LFR). Quel retournement ! Quelle prouesse politique ! À ce rythme, la parole donnée n’a même plus la durée de validité d’un discours de campagne !

Revenons un instant sur un mot que nos chers députés semblent avoir définitivement rayé de leur vocabulaire : la cohérence.

En décembre 2024, ils votaient sans véritable débat les lois de finances initiales et rectificatives. En 2025, bis repetita ! Cette fois, avec un débat déséquilibré, suivi d’un vote massif et presque triomphal. Mais aujourd’hui, changement de décor, changement de posture, changement de discours : on rejette !

Alors, une petite question s’impose : qu’est-ce qui a changé entre-temps ? Les textes budgétaires ou les intérêts politiques de ceux qui les votaient hier avec enthousiasme ?

La cohérence, c’est pourtant simple : c’est tenir une ligne, respecter ses engagements et éviter de se contredire au gré des circonstances. Manifestement, cette définition mérite d’être distribuée en urgence auc élus de la majorité. À moins qu’ils ne considèrent désormais la contradiction comme une nouvelle doctrine parlementaire !

Mais le plus préoccupant reste leur talent manifeste pour la manipulation. Car lorsqu’on ne peut plus justifier ses contradictions, on tente de détourner l’attention, de brouiller les pistes et de faire passer ses calculs politiques pour des combats de principes. Manipuler, c’est précisément chercher à influencer les autres par la ruse, le discours trompeur ou la déformation de la réalité afin de servir ses propres intérêts. Et dans cet exercice, les pastefiens semblent avoir développé une expertise qui mériterait presque un diplôme !

Hier, ils réclamaient une majorité pour permettre au président de la République de gouverner et de concrétiser sa vision. Aujourd’hui, ils semblent découvrir que cette majorité peut aussi devenir un instrument de blocage. Quelle découverte extraordinaire ! Ils ont voulu les clés du pouvoir, mais semblent oublier qu’une majorité parlementaire implique aussi des devoirs, des responsabilités et une obligation de résultats.

On ne peut pas passer son temps à réclamer la confiance du peuple, à se draper dans le manteau du patriotisme et, dans le même temps, fragiliser les instruments institutionnels nécessaires à la conduite de l’action gouvernementale. Le patriotisme ne se mesure ni au volume des slogans ni à la virulence des discours. Il se démontre par des actes, par le sens de l’État et par la primauté de l’intérêt général sur les ambitions personnelles.

Les Sénégalais ne vous ont pas élus pour transformer l’Assemblée nationale en théâtre de règlements de comptes, ni pour assister à des démonstrations d’ego et à des bras de fer politiciens. Ils attendent des solutions à leurs difficultés quotidiennes : la cherté de la vie, le chômage, les difficultés des travailleurs, les inondations et les urgences sociales.

Le Sénégal n’a pas besoin de députés qui excellent dans les volte-face, mais de représentants qui savent honorer leur parole. Il n’a pas besoin de champions du discours patriotique, mais de patriotes à l’épreuve des responsabilités.
À force de vouloir gagner toutes les batailles politiques, ces démagogues finiront forcément par perdre l’essentiel : la confiance du peuple.

Il est donc temps de mettre fin à cette comédie politique !

Monsieur le Président de la République, à vous de jouer. Le peuple conscient est avec vous !!

Mamadou AW
Responsable KIIRAAY à Golf-Sud / Guédiawaye

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