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LIBYE : la Croix-Rouge craint un nombre « énorme » de morts et plus de 10 000 disparus à la suite des inondations

L’est du pays a été frappé dimanche par la tempête Daniel. « Les besoins humanitaires dépassent largement les capacités du Croissant-Rouge libyen, et même les capacités du gouvernement », a alerté la Croix-Rouge. Plusieurs jours après le passage de la tempête Daniel sur la Libye, le bilan humain est toujours provisoire mais s’annonce terrible. Lors du point de presse régulier des Nations unies (ONU) à Genève, Tamer Ramadan, responsable de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a évoqué mardi 12 septembre un nombre « énorme » de morts, qui pourraient se compter en milliers, et 10 000 disparus. « Les besoins humanitaires dépassent largement les capacités du Croissant-Rouge libyen et même les capacités du gouvernement, a alerté le responsable humanitaire, qui parlait en direct de Tunis. C’est la raison pour laquelle le gouvernement dans l’Est a lancé un appel à l’aide internationale et nous allons nous aussi incessamment lancer un appel d’urgence. » Après les messages de condoléances et de soutien, l’ONU et de nombreux pays, dont les Etats-Unis, l’Italie, la France, le Qatar, l’Egypte et la Tunisie, se sont dits prêts à aider les secouristes locaux. Des équipes de secouristes envoyées par la Turquie et les Emirats arabes unis sont déjà arrivées dans l’est de la Libye, selon les autorités. La France a annoncé mardi soir qu’elle allait engager l’hôpital de campagne de la sécurité civile (Escrim) pour porter secours aux populations. « Les premiers personnels partiront dès ce soir afin que tout soit opérationnel sous quarante-huit heures », a déclaré le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, sur X (ex-Twitter), soit une « cinquantaine de personnels civils et militaires qui peuvent traiter 500 personnes par jour », a précisé la présidence. Oussama Ali, porte-parole du « service de secours et des urgences » libyen, qui dispose depuis lundi d’une équipe à Derna, a rapporté que les inondations avaient fait « plus de 2 300 morts » et environ 7 000 blessés dans cette seule commune, où plus de 5 000 personnes sont portées disparues. « Des quartiers entiers de Derna ont disparu, et leurs habitants ont été emportés par les eaux après l’effondrement de deux barrages vieillissants, rendant la situation catastrophique et incontrôlable », avait décrit plus tôt l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l’ONU. La tempête Daniel a frappé l’est de la Libye dimanche après-midi, notamment les villes côtières du djebel Akhdar (nord-est), mais également Benghazi, où un couvre-feu a été décrété et les écoles ont été fermées. Margaret Harris, une porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a évoqué « une calamité aux dimensions épiques ».

 « Il y a des corps partout »

Hichem Chkiouat, ministre de l’aviation civile et membre du comité d’urgence dans le gouvernement de l’est du pays, a expliqué à l’agence Reuters s’attendre à un bilan final « très, très lourd ». « Je reviens de Derna. La situation est désastreuse, a-t-il témoigné. Il y a des corps partout – dans la mer, dans les vallées, sous les bâtiments. » « Le nombre de corps retrouvés à Derna est supérieur à 1 000, avait-il estimé. Je n’exagère pas en disant que 25 % de la ville a disparu. De très nombreux bâtiments se sont effondrés. » Dotée des réserves pétrolières les plus abondantes d’Afrique, la Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, et secouée par des divisions et des violences. Depuis un an et demi, deux gouvernements s’y disputent le pouvoir : celui d’Abdel Hamid Dbeibah dans l’Ouest, reconnu par l’ONU, et celui nommé par le Parlement et soutenu par le maréchal Haftar. Lors d’un conseil des ministres extraordinaire diffusé en direct à la télévision lundi, M. Dbeibah a annoncé « trois jours de deuil national », évoquant « l’unité de tous les Libyens » face à cette catastrophe. La mission de l’ONU en Libye a dit « suivre de près la situation d’urgence », et le président français, Emmanuel Macron, a exprimé sa « solidarité avec le peuple libyen ». Le porte-parole du département d’Etat américain, Matthew Miller, a également exprimé sa « sympathie et [présenté] ses condoléances » et a déclaré que Washington travaillait avec les Nations unies et les autorités libyennes pour contribuer aux secours.

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