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Macky pour la révision des conditions de financements des infrastructures

TAUX D’INTERET ELEVES, DELAI DE REMBOURSEMENT COURT…

Le partage d’expériences en matière de préparation, d’exécution et d’exploitation de projets a été une des finalités du 2e Sommet sur le financement des infrastructures en Afrique ouvert, hier, au Centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio (Cicad). Présidant la cérémonie, Macky Sall en a profité pour poser le débat sur la problématique des taux d’intérêts élevés et les délais de remboursement courts. La problématique des conditions du financement en Afrique constitue un blocage au progrès de construction des infrastructures même si les défis sont d’autant plus réels. Le président en exercice de l’Union africaine, qui s’exprime ainsi, fait partie de ceux qui plaident pour la révision des modalités de ce financement telles que le taux d’intérêt et les délais de remboursement.

«En Afrique, les infrastructures restent encore sous-financées en volume et mal financées en termes de taux d’intérêt et de délais de remboursement», a indiqué Macky Sall à l’ouverture du 2e Sommet sur le financement des infrastructures en Afrique à Diamniadio. Poursuivant, il ajoute que le «selon le dernier Rapport annuel du Consortium pour les infrastructures en Afrique, publié en décembre, le financement des infrastructures en Afrique s’élevait à 81 milliards de dollars en 2020, contre 100 milliards en 2018». Une baisse de performance qui s’explique par un certain nombre de facteurs.

«Il est vrai que l’impact de la pandémie a freiné nos efforts sur les infrastructures, avec le ralentissement de l’activité économique et la réorientation des dépenses publiques vers des urgences sanitaires et sociales. Mais, même sans ces difficultés conjoncturelles, l’Afrique a toujours payé cher ses projets à cause de taux d’intérêt élevés», a encore relevé le président en exercice de l’Union africaine. Qui rappelle en outre que «pour des financements aussi lourds et des infrastructures de longue durée, nos pays sont souvent tenus de rembourser leurs dettes dans des délais souvent courts, à quelques exceptions près».

Dans le même ordre d’idées, le président Sall soulignera que les facteurs bloquants de ces financements résident, également, dans les notations abusives des évaluateurs. «Il faut reconnaitre et saluer les efforts des partenaires bilatéraux et multilatéraux, en particulier les banques de développement, dans le financement des infrastructures en Afrique. En même temps, la problématique du financement restera entière tant que perdurent les règles et pratiques de la gouvernance économique et financière mondiale qui entravent l’accès de nos pays à des ressources conséquentes, et à des conditions soutenables. Je pense, entre autres, aux notations abusives des agences d’évaluation et à la perception du risque d’investissement en Afrique, toujours plus élevée que le risque réel», a-t-il fait remarquer.

Avant de rappeler que «tout au long de mon mandat à la tête de l’Union Africaine, j’ai constamment posé le débat, notamment à l’OCDE, au G7, au G20 et aux Nations Unies sur les conditions de financement de nos économies, en particulier pour les infrastructures». De l’avis du chef de l’Etat sénégalais, le plaidoyer doit être porté dans le cadre des échanges sur la réforme de l’architecture financière mondiale. Pour ce faire, il faut nécessairement des préalables. «Nous devons aussi relever les défis de la planification et de l’ingénierie technique et financière des projets pour les rendre bancables. Ainsi, 61 % des 69 projets du 2e Plan d’action prioritaire du PIDA n’ont pas encore fait l’objet d’études de faisabilité pour être susceptibles d’attirer des investisseurs privés.

Il y a lieu de créer une synergie entre les banques multilatérales de développement, les partenaires techniques et financiers, et le Fonds de préparation des projets du NEPAD pour améliorer les études de faisabilité des projets prioritaires. Macky Sall en a, aussi, profité pour rappeler que le Consortium pour les infrastructures en Afrique a été mis en place en 2005 à Gleneagles, au sommet du G8 d’alors (G7 aujourd’hui). Il rassemble autour de la BAD, les principaux partenaires bilatéraux et les banques de développement actives sur le continent. Non sans espérer que la présentation des 20 projets sélectionnés dans le cadre des boardroom sessions puissent servir de cas d’école pour aider à lever les obstacles sur ces différentes étapes. En même temps, dira-t-il, «nous gagnerions à apprendre les uns des autres en échangeant davantage nos expériences en matière de préparation, d’exécution et d’exploitation de projets».

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