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Mbour, la mobilisation politique autour du président Bassirou Diomaye Faye : « La symphonie des sourds » selon le député Bacary Diédhiou

Aujourd’hui le stade Caroline Faye ressemblait à une immense scène où chacun tenait le micro sans entendre l’autre, dans une cacophonie de slogans, de promesses recyclées et d’egos amplifiés.

Les voix se heurtaient comme des casseroles dans un marché un jour d’orage. On ne distinguait plus un projet politique d’un concours de décibels.
Abdourahmane Diouf semblait jouer le rôle du chef d’orchestre d’une fanfare désaccordée ; des phrases longues comme des tunnels mais qui débouchaient souvent sur le vide. Il parlait avec l’assurance d’un prophète, mais derrière les envolées lyriques, on entendait surtout le froissement des ambitions personnelles.
Aminata Touré, elle, apparaissait comme une funambule politique changeant de costume à chaque saison.

Hier gardienne du temple, aujourd’hui prêtresse de la coalition de l’autre, demain peut-être vestale d’une autre chapelle. Sa parole donnait l’impression d’un caméléon récitant un serment devant des miroirs : beaucoup de posture, peu de vertige moral.
Autour d’eux gravitaient des orateurs excités comme des tambours de carnaval. Chacun voulait incarner la loyauté, mais tous semblaient prisonniers d’une mise en scène théâtrale où les gestes étaient plus grands que les idées. Des bras levés au ciel, des poings serrés, des voix cassées par l’excès de ferveur ; mais dans cette symphonie tapageuse, le peuple cherchait encore la mélodie de l’espérance.

Le meeting ressemblait moins à une rencontre politique qu’à une foire d’incantations. Une arène où les mots et slogans étaient jetés à la foule comme des confettis verbaux, jusqu’à perdre leur poids et leur sens.

Ce soir-là, le stade était un immense haut-parleur saturé, une république de micros nerveux où chacun parlait fort pour masquer le silence des convictions.
Ironie du sort : celui-là même pour qui la grand-messe politique avait été organisée brillait par son absence. Attendu comme la vedette d’un concert annoncé depuis des semaines, Borom Décret bi avait finalement pris le chemin des airs pour un voyage présenté comme impératif.

Était-il donc si imprévisible qu’il faille abandonner une foule mobilisée à une apparition numérique ? Des gens, venus écouter un président en chair et en os, eurent droit à une silhouette projetée sur écran géant, comme un chanteur en hologramme saluant un public qu’il ne voulait pas vraiment affronter. Quelle farce politique ! Une démocratie en visioconférence, où l’absence physique tente de se maquiller en présence historique.

Honorable député Bacary Diédhiou

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