MOUVANCE PRESIDENTIELLE : Déthié Fall rejoint Kiiraay

Invité de l’émission RFM Matin, le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres, Déthié Fall, a réaffirmé son soutien total au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sur fond de tensions entre le chef de l’État et Ousmane Sonko. Tout en assumant l’ancrage du Parti républicain pour le progrès (PRP) dans la mouvance présidentielle, il a appelé les responsables politiques à privilégier l’intérêt du Sénégal et à éviter les querelles de personnes.
Relancé sur la portée de cette déclaration et sur une éventuelle opposition à Ousmane Sonko, le leader du PRP a refusé de réduire son engagement politique à une rivalité entre les deux figures de l’exécutif. « Contre Ousmane Sonko ou pour Ousmane Sonko, mon pays, ma vision, ma politique ne s’attachent pas à une personne. Elles s’attachent à la République et aux Sénégalais », a-t-il expliqué. Pour Déthié Fall, l’essentiel réside dans le respect des institutions et la prise en compte des priorités nationales. « Il faut que les gens se rappellent qu’il s’agit du Sénégal, pas de Sonko, ni de Déthié, ni de Diomaye Faye », a-t-il insisté, appelant les acteurs politiques à dépasser les considérations personnelles et à éviter les « querelles inutiles ».
Le ministre des Infrastructures a également levé toute ambiguïté sur le positionnement de son parti dans le contexte politique actuel. Il a confirmé que le PRP demeure dans la mouvance présidentielle et soutient Bassirou Diomaye Faye.
« Le PRP est dans la mouvance présidentielle et soutient le président de la République. C’est clair et précis. Autrement, je ne serais pas dans ce gouvernement. Je suis un homme cohérent », a-t-il affirmé. Déthié Fall a ainsi justifié son engagement par la logique de responsabilité qui, selon lui, doit guider tout membre du gouvernement. Il a rappelé que le président de la République définit la politique du pays et qu’il ne saurait, en tant que ministre, s’inscrire dans une opposition à celui qui dirige l’exécutif. Il a également souligné son investissement quotidien dans l’exercice de ses fonctions, affirmant travailler « au moins 16 heures » par jour pour contribuer à la réussite de la mission présidentielle. Interrogé sur le rôle qu’aurait joué Ousmane Sonko dans son entrée au gouvernement, il a préféré renvoyer la question aux principaux intéressés. « Ça, il faut le lui demander et le demander au président de la République », a-t-il répondu.
Concernant ses relations avec le leader de Pastef, il a reconnu les qualités de l’ancien Premier ministre, tout en évitant de porter un jugement direct sur ses choix politiques et sur les positions défendues par les députés de son parti. Au-delà des rivalités politiques, Déthié Fall a également évoqué les tensions entre l’exécutif et la majorité parlementaire autour du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Alors que le texte a été rejeté en commission à l’Assemblée nationale, le ministre estime que les divergences actuelles ne devraient pas entraver le fonctionnement de l’État ni retarder les investissements destinés à améliorer les conditions de vie des Sénégalais. À ses yeux, les désaccords ne portent pas nécessairement sur des divergences de fond ou de compétences, mais relèvent davantage de considérations politiques. Il appelle ainsi les différentes parties à privilégier le dialogue et la recherche de compromis afin de permettre à l’État de poursuivre ses missions.
Le ministre a, par ailleurs, rappelé avoir contribué pendant au moins quatre ans à la dynamique politique ayant conduit à l’alternance de 2024, au sein de la coalition Yewwi Askan Wi. Une expérience qu’il met en avant pour appeler les acteurs à préserver les acquis de cette séquence politique et à se concentrer sur les attentes des populations. En définitive, Déthié Fall plaide pour que les divergences entre responsables politiques ne prennent pas le dessus sur les impératifs nationaux. Pour le ministre, l’intérêt du Sénégal doit rester au centre de l’action publique, au-delà des rivalités entre les différentes composantes du pouvoir.
El Malick