jeudi 29 octobre 2026 · Dakar Rédaction WhatsApp
FONGIP
Actualités

PENCUM GOX YI : ENTRE PROMESSES DE L’ÉTAT ET EXIGENCES DES QUARTIERS

Aziz Watt

La première édition du Forum Pencum Gox Yi a mis sur la table les défis de la gouvernance de proximité et des écoquartiers. Si l’Agence de développement local (ADL) et le ministère chargé des Collectivités territoriales appellent à une mobilisation collective, les délégués de quartier, eux, attendent des actes : un statut mieux défini, des indemnités revalorisées et des moyens à la hauteur de leurs missions.

Le développement des quartiers ne se décrète pas depuis les bureaux. Il se construit avec ceux qui vivent au quotidien les problèmes de salubrité, d’assainissement, de gestion des déchets et d’aménagement du cadre de vie. C’est autour de cette exigence que s’est tenue la première édition du Forum Pencum Gox Yi, une initiative portée par l’Agence de développement local (ADL), avec pour ambition de renforcer la participation citoyenne et de promouvoir des quartiers plus durables.

Pour le directeur général de l’ADL, Diamé Signaté, la réussite de cette démarche repose sur l’implication des populations et une meilleure articulation entre les collectivités territoriales, les services de l’État et les acteurs communautaires. La gouvernance locale ne peut produire des résultats durables sans une concertation réelle avec les habitants, premiers concernés par les transformations de leur environnement.

MAPATHÉ DIOUF MISE SUR DES ENGAGEMENTS CONCRETS

Représentant le ministre Moussa Balla Fofana, le secrétaire général du ministère, Mapathé Diouf, a replacé la gouvernance de proximité au cœur du développement territorial. Pour lui, le penc, espace traditionnel de discussion et de délibération, rappelle que la participation citoyenne s’inscrit dans les pratiques sociales sénégalaises. « La démocratie de proximité n’est donc pas une option. Elle n’est pas non plus une notion importée : elle relève de notre héritage institutionnel et social », a-t-il soutenu.

Cette orientation, a-t-il expliqué, doit accompagner la Vision Sénégal 2050 et les réformes de la décentralisation, notamment l’Acte 4. Les communes y occupent une place centrale, aux côtés des délégués de quartier, des conseils de quartier, des Badienou Gox et des régies de quartier, dont les rôles sont appelés à se compléter.

Mapathé Diouf a ainsi invité les participants à formuler des recommandations pratiques sur la coopération entre les communes et les acteurs de terrain, leur formation ainsi que les priorités à retenir pour développer les écoquartiers. Il a également proposé un pacte de proximité associant l’État, les collectivités territoriales et les acteurs des quartiers. L’ADL serait chargée de coordonner le suivi des engagements, avec un bilan attendu lors de la prochaine édition. « Ce jour-là, nous ne viendrons pas avec des intentions, nous viendrons avec des résultats », a-t-il promis.

LES DÉLÉGUÉS VEULENT DES MOYENS, PAS SEULEMENT DES MISSIONS

Sur le terrain, les ambitions affichées se heurtent à des difficultés persistantes. Porte-parole de Malague Mané, président de l’Association nationale des délégués de quartier, une représentante de la structure a rappelé les contraintes auxquelles ces relais de proximité sont confrontés.

Mobilisés pour la médiation, la sensibilisation et la cohésion sociale, les délégués disent manquer de moyens logistiques et de facilités de déplacement.

L’insuffisance de locaux fonctionnels complique également l’exercice de leurs responsabilités. Leur association demande une révision du statut juridique des délégués, une revalorisation de leurs indemnités, un renforcement de l’appui matériel de l’État ainsi qu’un siège fonctionnel à Dakar.

Le Forum Pencum Gox Yi aura donc posé les bases d’un dialogue entre institutions et acteurs communautaires. Reste désormais à dépasser les déclarations d’intention. Car la réussite des écoquartiers ne dépendra pas uniquement des projets d’aménagement, mais aussi de la capacité à donner aux acteurs de proximité les moyens d’agir.

Mohamed Sy

Prendre la parole

Le fil reste ouvert entre deux éditions du Grand Panel.

Discuter