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POLITIQUE DE RÉINSERTION : Me Moussa Sarr face au défi des 17 000 jeunes pris en charge annuellement

Aziz Watt

À l’ouverture d’un panel de haut niveau consacré à l’insertion et à la réinsertion des jeunes en danger ou en conflit avec la loi, Me Moussa Sarr, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a mis l’accent sur l’après-centre. Pour lui, former un jeune ne suffit pas : encore faut-il lui donner les moyens de travailler, de créer son activité et de retrouver durablement sa place dans la société. Près de 17 000 mineurs sont confiés chaque année à la Protection judiciaire et sociale.

 

Le diplôme ne suffit plus

 

Le constat dressé par Me Moussa Sarr est sans détour. De nombreux jeunes sortent des centres avec une qualification, mais se retrouvent confrontés à un nouveau mur : absence de stage, d’apprentissage, d’emploi, de financement ou de moyens pour démarrer une activité. « Nous leur avons appris un métier, et nous les laissons au seuil de l’atelier sans la clé », a-t-il regretté. Pourtant, les résultats montrent que la formation peut changer des trajectoires. En 2025, plus de 412 pensionnaires des centres ont réussi aux examens professionnels, dont 311 attestés et 101 admis au CAP. Menuiserie, coiffure, tapisserie, électricité, froid et climatisation ou restauration : autant de métiers qui peuvent constituer un véritable point de départ vers l’autonomie.

 

Un fonds pour franchir le dernier cap

 

C’est précisément pour combler ce vide que l’État a institué le Fonds de réinsertion des mineurs et jeunes majeurs en situation de vulnérabilité. Créé par le décret n°2024-792 du 26 mars 2024, ce mécanisme doit constituer une passerelle vers l’autonomie et l’insertion socioprofessionnelle, notamment en accompagnant et en finançant les initiatives portées par les jeunes eux-mêmes. Mais Me Moussa Sarr prévient : le fonds ne pourra pas fonctionner seul. Les structures publiques sont appelées à intégrer ces jeunes dans leurs cibles prioritaires, notamment à travers des bourses et des quotas. Le secteur privé est également invité à ouvrir ses portes aux stages, aux contrats de qualification et aux premiers emplois.

 

« La réinsertion n’est pas une faveur, c’est un droit »

 

Au-delà des dispositifs, le Garde des Sceaux défend une autre conception de la réinsertion. Un jeune passé par la Protection judiciaire ne doit pas rester prisonnier de son histoire. « Il ne doit être ni une victime à vie, ni un délinquant à vie : c’est un talent qui n’a pas encore eu sa chance », a affirmé Me Moussa Sarr. Le panel doit ainsi poser les bases d’une architecture reliant protection, rééducation et réinsertion. L’objectif affiché est de mobiliser l’État, les entreprises privées, les partenaires techniques et financiers ainsi que la société civile autour d’une même exigence : éviter que les jeunes accompagnés par la Justice ne retombent dans la précarité ou dans les pièges de la rue.

 

Mohamed SY

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Le fil reste ouvert entre deux éditions du Grand Panel.

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