PROBLÈME DE FONCIER : Les travailleurs du nettoiement perdus dans le labyrinthe administratif

En attente de régularisation de leurs 200 parcelles sur le site EZT de la nouvelle ville de Thiès, les bénéficiaires de TND Mourkab interpellent le président de la République pour sortir de l’impasse administrative. Attribuées sous l’ancien régime en reconnaissance des services rendus à la nation, les parcelles destinées aux travailleurs du nettoiement restent au cœur d’un contentieux administratif qui tarde à trouver une issue. Le collectif des bénéficiaires de TND Mourkab hausse le ton et réclame la délivrance des documents fonciers nécessaires pour concrétiser son projet immobilier. Son coordonnateur, Ouseynou Seck, appelle les autorités à prendre leurs responsabilités face à une situation qui perdure depuis plusieurs années.
200 Parcelles attribuées, mais toujours pas de titres
Pour les travailleurs concernés, l’attribution des terrains n’a pas encore permis de franchir l’étape décisive de la construction. Selon Ouseynou Seck, le projet initial portait sur 200 parcelles destinées à autant d’agents du nettoiement. L’ancien président Macky Sall avait, rappelle-t-il, annoncé la mise en place de cités du nettoiement dans les zones d’aménagement concerté (ZAC) à travers le Sénégal. Mais le blocage des procédures administratives a compromis les perspectives des bénéficiaires.
Le collectif affirme avoir entamé les démarches pour obtenir les documents nécessaires avant l’arrivée des nouvelles autorités. Depuis 2023, les sollicitations se multiplient, sans dénouement satisfaisant.
Sur les 200 dossiers concernés, 160 bénéficiaires seraient toujours dans l’attente. Les 40 autres seraient confrontés à des erreurs ou à des difficultés liées à leurs pièces administratives. Des documents complémentaires auraient été réclamés à certains travailleurs, tandis que des attestations restent encore à délivrer.
Le Chef de l’État sollicité pour dénouer l’impasse
Face à cette situation, le collectif dit avoir saisi plusieurs autorités, notamment le gouverneur de Thiès, le préfet, le ministère chargé de l’Urbanisme, le président de la République et l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Deux correspondances auraient notamment été adressées au gouverneur de Thiès, présenté par les bénéficiaires comme responsable de la commission concernée. Ces démarches n’auraient toutefois pas permis d’obtenir une réponse concrète.
Le coordonnateur rapporte également qu’au cours d’une récente rencontre, le directeur de l’Urbanisme s’est interrogé sur l’absence des quitus nécessaires à la poursuite du dossier. Désormais, les bénéficiaires veulent être reçus par le chef de l’État afin d’obtenir des éclaircissements sur le sort de leurs parcelles et de connaître les mesures envisagées pour débloquer la procédure. Leur revendication est claire : faire aboutir la régularisation foncière pour pouvoir enfin construire sur les terrains qui leur ont été attribués.
Mohamed SY