PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE LFR 2026 : Spectre d’un troisième revers !

Le bras de fer autour du budget rectificatif est loin de connaître son épilogue. Depuis le début de son examen, le 20 octobre dernier, le projet de loi cristallise les divergences entre le gouvernement et les députés de sa propre majorité. Les désaccords portent notamment sur les arbitrages budgétaires, les mécanismes de financement et les garanties attendues par les parlementaires.
Dans un communiqué publié le même jour, le groupe parlementaire de PASTEF avait d’ailleurs reconnu l’absence de consensus global et solide, malgré quelques compromis. Le 23 octobre, la Commission des finances a rejeté le projet de LFR dans son intégralité, ainsi que les deux amendements proposés par l’exécutif. Face à cette situation, le Premier ministre est monté au créneau le 25 octobre pour défendre les choix budgétaires du gouvernement et inviter les parlementaires à formuler des propositions concrètes. Une nouvelle tentative de déblocage est intervenue le 27 octobre, lorsque le gouvernement a sollicité, en séance plénière, le renvoi du texte en commission, conformément à l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. L’objectif était de poursuivre les concertations et de rapprocher les positions. Mais cette démarche n’a pas permis de lever les divergences.
Réunie à nouveau le 30 octobre, après réception d’un mémorandum et d’éclaircissements sur les subventions énergétiques, les bourses de sécurité familiale et les dépenses prioritaires, la Commission des finances a prononcé un deuxième rejet. Les explications apportées par le ministre Cheikh Diba et ses services n’ont donc pas convaincu les députés. Pendant que le bras de fer se poursuit au Parlement, l’exécutif affiche sa volonté de préserver la continuité de l’action publique.
Lors du Conseil des ministres du 28 octobre, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a demandé au Premier ministre de prendre les dispositions juridiques nécessaires à la mise en œuvre des politiques publiques inscrites dans les projets de loi de finances rectificative pour 2026 et de loi de finances pour 2027. Cette instruction présidentielle intervient dans un contexte particulièrement sensible, où les désaccords budgétaires mettent à l’épreuve les relations entre le gouvernement et sa majorité parlementaire. Elle traduit également la volonté de l’exécutif d’anticiper les conséquences d’un éventuel blocage du processus budgétaire. Tous les regards sont désormais tournés vers la séance plénière de mardi. Si les deux rejets enregistrés en commission ne déterminent pas automatiquement l’issue du vote en plénière, ils témoignent néanmoins de la persistance des divergences. Le gouvernement réussira-t-il à faire adopter son projet de loi ou essuiera-t-il un troisième revers parlementaire ? Le verdict des députés est attendu à l’Assemblée nationale.
El Malick