mercredi 28 octobre 2026 · Dakar Rédaction WhatsApp
FONGIP
A la une

REJET DE LA LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE (LFR) 2026 : Mimi Touré brandit les 2 505 milliards et met Pastef au pied du mur

Aziz Watt

À la veille de l’examen en plénière de la loi de finances rectificative (LFR) 2026, Mimi Touré est montée au créneau contre le rejet du texte en commission par les députés de Pastef. Face à la presse, la superviseure générale de Kiiraay a alerté sur les conséquences économiques et sociales du blocage, défendu les fonds spéciaux de la présidence et appelé les parlementaires à leurs responsabilités.

La bataille budgétaire prend une tournure politique. Ce lundi, à Dakar, Mimi Touré a fait du rejet en commission de la loi de finances rectificative 2026 le cœur de son réquisitoire contre la majorité parlementaire de Pastef. Pour la responsable de Kiiraay – Les Patriotes républicains, le blocage du texte risque de compromettre des dépenses publiques et des programmes sociaux dont les populations attendent les retombées.

 

À l’appui de son argumentaire, l’ancienne Première ministre a mis en avant les montants inscrits dans la LFR. Elle a évoqué 2 505 milliards de francs CFA d’autorisations d’engagement et 1 500 milliards de crédits de paiement, qu’elle présente comme des ressources essentielles à la poursuite des projets publics et à l’injection de liquidités dans l’économie.

Bourses familiales : le social au cœur du bras de fer

Mimi Touré a particulièrement insisté sur les conséquences qu’aurait, selon elle, le rejet du texte pour les ménages vulnérables. Elle a cité une rallonge de 35 milliards de francs CFA destinée aux bourses de sécurité familiale, dans le cadre d’un dispositif concernant 1 646 000 familles recensées dans le Registre national unique. La responsable de Kiiraay a également évoqué des investissements dans la santé, le drainage des eaux pluviales, l’agriculture et l’élevage. Parmi les projets mentionnés figurent 97,35 milliards de francs CFA prévus pour le drainage et la gestion des eaux usées à Touba, ainsi que 10 milliards destinés au relèvement d’urgence et à la résilience de Saint-Louis. Pour Mimi Touré, le différend autour de la LFR dépasse donc une simple confrontation entre gouvernement et députés. Il engage, selon elle, la continuité des investissements et le soutien aux populations confrontées à la cherté de la vie. Elle impute aux parlementaires de Pastef la responsabilité politique des conséquences d’un éventuel blocage persistant.

Fonds spéciaux : Mimi Touré contre-attaque
La conférence de presse a aussi ravivé le débat sur les fonds spéciaux du chef de l’État. Alors que leur encadrement est au centre des critiques de Pastef, Mimi Touré a défendu leur utilité, notamment pour apporter une aide discrète à des Sénégalais en difficulté. Elle a également renouvelé ses accusations à l’encontre d’Ousmane Sonko, affirmant que celui-ci avait lui-même sollicité et bénéficié de ces fonds lorsqu’il était Premier ministre. Elle lui reproche une contradiction entre ses pratiques passées alléguées et ses positions actuelles. Ces accusations n’ont pas été étayées publiquement par des documents lors de cette sortie et doivent être distinguées des faits établis.

Diomaye dispose de leviers institutionnels
De son côté, Serigne Guèye Diop a dénoncé ce qu’il considère comme une volonté de blocage de la majorité parlementaire. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, également chargé de la structuration de Kiiraay, a averti que le président de la République pourrait prendre ses responsabilités si la LFR n’était pas adoptée. Mimi Touré a, elle aussi, soutenu que Bassirou Diomaye Faye disposait de moyens juridiques pour assurer la continuité de l’État et la poursuite des projets publics. Une prise de position qui intervient alors que le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô avait déjà dénoncé une obstruction parlementaire et appelé au dialogue.

Le projet de LFR doit être examiné en séance plénière ce mardi 27 octobre. Cette échéance constituera un test pour les relations entre l’exécutif et la majorité parlementaire. En faisant du budget un enjeu social et économique, Kiiraay entend placer les députés face aux conséquences de leur choix, tandis que les procédures institutionnelles et les possibilités de compromis restent au centre du débat.

Mouhamed SY

Prendre la parole

Le fil reste ouvert entre deux éditions du Grand Panel.

Discuter