SECRETARIAT GENERAL DE L’ONU : Pourquoi Macky Sall reste un sérieux prétendant, selon Souleymane Ndiaye
Alors que le processus de désignation du prochain Secrétaire général des Nations unies entre dans une phase décisive, le consultant international Souleymane Ndiaye estime que les premiers votes indicatifs, loin de constituer un revers, renforcent les perspectives de l’ancien président sénégalais Macky Sall.
Dans une analyse consacrée au fonctionnement du mécanisme de sélection onusien, il rappelle que le vote indicatif, plus connu sous son appellation anglaise de straw poll, n’est pas une élection officielle, mais un outil de consultation interne utilisé par le Conseil de sécurité pour mesurer les rapports de force entre les différents candidats.
Selon lui, chaque membre du Conseil de sécurité attribue à chaque prétendant l’une des trois appréciations suivantes :« encourage », « décourage » ou « sans opinion ». L’objectif est de sonder le niveau de soutien dont bénéficie chaque candidature avant les négociations finales.
Pour le consultant, l’élément déterminant ne réside toutefois pas dans le classement obtenu lors de ces premiers tours, mais dans la position des cinq membres permanents du Conseil de sécurité – les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni – seuls détenteurs du droit de veto.
« Un candidat peut ne pas arriver largement en tête lors d’un vote indicatif tout en conservant intactes ses chances d’être finalement recommandé, dès lors qu’il ne fait l’objet d’aucune opposition des puissances disposant du droit de veto », explique-t-il.
À ses yeux, c’est précisément cet aspect qui constitue aujourd’hui la principale force de la candidature de Macky Sall. Souleymane Ndiaye affirme que, selon les informations dont il dispose, l’ancien chef de l’État sénégalais ne suscite aucune hostilité de la part des cinq membres permanents.
Il considère que cette absence de veto potentiel représente un avantage stratégique majeur, rappelant que l’histoire récente de l’ONU montre que les grandes puissances jouent un rôle décisif dans la recommandation du futur Secrétaire général.
Le consultant va même plus loin en estimant que Macky Sall est « l’unique profil qui possède un ticket d’entrée dans toutes les puissances », grâce aux relations diplomatiques qu’il a nouées au cours de son parcours international.
Souleymane Ndiaye met en avant le bilan diplomatique de l’ancien président sénégalais. Durant ses douze années à la tête du Sénégal, rappelle-t-il, Macky Sall a participé aux principaux sommets internationaux et représenté son pays dans les grandes enceintes multilatérales.
Son mandat à la présidence de l’Union africaine est également présenté comme un atout, lui ayant permis de conduire des négociations de haut niveau avec les principales puissances mondiales et de défendre les intérêts du continent africain sur plusieurs dossiers stratégiques.
Selon l’analyste, cette expérience est aujourd’hui renforcée par une campagne internationale au cours de laquelle Macky Sall a multiplié les rencontres avec des responsables politiques, diplomatiques et institutionnels à travers le monde.
Souleymane Ndiaye souligne également que le candidat sénégalais a développé, tout au long de sa campagne, une vision articulée autour des principaux défis contemporains.
Parmi les priorités qu’il attribue à Macky Sall figurent la réforme du multilatéralisme, la prévention et la résolution des conflits, le financement du développement, la lutte contre le changement climatique, la transition énergétique, la sécurité alimentaire, la transformation numérique, l’intelligence artificielle, la gouvernance économique mondiale ainsi que le renforcement de la place de l’Afrique dans les nouvelles dynamiques géopolitiques.
Pour le consultant, cette maîtrise des grands dossiers internationaux, conjuguée à l’absence d’opposition des membres permanents du Conseil de sécurité, constitue un argument de poids dans la course au secrétariat général de l’ONU.
Il conclut que les votes indicatifs doivent être interprétés comme une étape de consultation et de calibration diplomatique, la décision finale appartenant au Conseil de sécurité lors de la recommandation officielle. Dans cette perspective, estime-t-il, la candidature de Macky Sall demeure solidement positionnée pour la suite du processus.
El Malick