« UN ÉTUDIANT, UN ORDINATEUR » La Commission d’enquête remonte le circuit des marchés et du suivi des équipements

La Commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les irrégularités alléguées dans la passation et l’exécution des marchés du programme « Un étudiant, un ordinateur » a poursuivi, ce mardi 6 octobre 2026, ses auditions à l’Assemblée nationale. Cinq personnes ont été entendues sur les procédures de passation des marchés, la réception et la distribution des équipements, ainsi que sur les mécanismes de contrôle et de suivi.
Présidée par l’honorable El Hadji Guèye, la Commission a auditionné successivement Mamadou Sow et Serigne Abo Wade, agents de « Saama PC », Mohamadou Yaya Sow, Directeur des Infrastructures technologiques et des Systèmes d’information de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK), Oumar Sakho, Directeur de la Direction centrale des marchés publics (DCMP), et Ndeye Sine Diop, ancienne coordonnatrice de la Cellule de passation des marchés du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI).
Les représentants de « Saama PC » ont notamment été interrogés sur la réception, la gestion et la distribution des ordinateurs, la gestion des stocks, le suivi des équipements et le service après-vente. Les échanges ont également porté sur les difficultés rencontrées dans la mise à disposition des ordinateurs aux étudiants bénéficiaires.
Mohamadou Yaya Sow a, pour sa part, détaillé les dispositifs de réception et de contrôle de qualité, le suivi technique, la maintenance et l’accompagnement des bénéficiaires. Le responsable de l’UN-CHK a présenté les outils de suivi mis en place par l’Université, ainsi que les mécanismes de reporting destinés à la hiérarchie et au ministère de tutelle.
L’audition d’Oumar Sakho a permis à la Commission de revenir sur le rôle de la DCMP dans le contrôle a priori des marchés publics. Le Directeur a rappelé que ce contrôle concerne notamment les commandes publiques de l’État d’un montant égal ou supérieur à 200 millions de FCFA, ainsi que différentes étapes et pièces des procédures.
Concernant spécifiquement les ordinateurs destinés à l’UN-CHK, Oumar Sakho a indiqué que la DCMP n’avait été saisie pour la première fois qu’en 2025, par la Direction du financement des établissements supérieurs. Cette saisine concernait une procédure d’entente directe, qui avait été rejetée. La procédure finalement autorisée a été celle de l’appel d’offres restreint d’urgence.
Interrogé sur des opérations réalisées entre 2012 et 2024, le Directeur de la DCMP a également précisé que son institution ne dispose pas d’un pouvoir d’auto-saisine. Son intervention est conditionnée par la transmission préalable des dossiers par l’autorité contractante compétente.
Dernière personne auditionnée, Ndeye Sine Diop, ancienne coordonnatrice de la Cellule de passation des marchés du MESRI, a indiqué avoir exercé ses fonctions entre 2014 et 2016, période durant laquelle, selon elle, le programme « Un étudiant, un ordinateur » n’existait pas encore. Elle a également déclaré ne pas avoir eu connaissance du programme lors de son retour à la tête de la Cellule, entre août et décembre 2020.
Son audition a principalement porté sur le fonctionnement de la Cellule et sur le circuit de traitement des marchés : expression des besoins par les directions techniques, inscription au Plan de passation des marchés (PPM), puis contrôles préalables prévus par la réglementation.
Les auditions se poursuivront mercredi 7 octobre. La Commission entendra notamment d’anciens et actuels responsables de la passation des marchés et du contrôle interne du MESRI.
Au programme figurent Mountaga Dia, ancien coordonnateur de la Cellule de passation des marchés, Abdou Kadri Diatta, président de la Commission de passation des marchés du MESRI, El Hadji Ndiaga Kane et Cheikh Diop, inspecteurs des Affaires administratives et financières de l’Inspection interne du ministère, ainsi que Saliou Abdoulaye Ngom, Directeur général de l’Administration générale et de l’Équipement du MESRI.
Ces nouvelles auditions devraient permettre à la Commission de poursuivre la reconstitution du circuit administratif et financier ayant entouré les marchés du programme, depuis l’expression des besoins jusqu’à l’exécution et au suivi des équipements.
El Malick