VERS UNE NOUVELLE CRISE DANS LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION : Le G20 soutient la lutte, mais tempère l’ardeur des grèves

Tout en soutenant les revendications du Front syndical pour la défense du travail (FSDT), le G20 des syndicats d’enseignants du Sénégal appelle à la prudence face aux journées de grève prévues les 21, 22 et 23 octobre.
Dans sa déclaration de rentrée du 18 octobre, le regroupement syndical met en avant les perturbations liées aux inondations, les difficultés des enseignants et la nécessité d’un dialogue social débouchant sur des engagements concrets.
La rentrée scolaire 2026-2027 s’ouvre sur fond de difficultés pour l’école sénégalaise. Les fortes pluies et les inondations enregistrées dans plusieurs localités ont affecté des établissements scolaires, poussant les autorités à reporter la rentrée des élèves du 7 au 12 octobre.
Dans ce contexte particulier, le G20 des syndicats d’enseignants du Sénégal appelle à la responsabilité, sans renoncer aux revendications du secteur éducatif. Dans sa déclaration de la semaine dernière le regroupement syndical salue l’engagement des enseignants et les invite à poursuivre leurs efforts au service de l’éducation nationale. Il réaffirme également sa volonté de continuer le combat pour la satisfaction des préoccupations des enseignants, des élèves et de l’école.
Grèves des 21, 22 et 23 octobre : le G 20 appelle à la prudence
Le G20 partage les revendications portées par le Front syndical pour la défense du travail, notamment contre la cherté de la vie, la précarité de l’emploi, la baisse du pouvoir d’achat des ménages, les retards dans l’application des accords et les insuffisances du dialogue social. Toutefois, le regroupement estime que les spécificités du secteur de l’éducation imposent de tenir compte du contexte de début d’année scolaire. Les conséquences des inondations, le décalage de la rentrée des élèves et la situation des enseignants nouvellement affectés, à peine installés, rendent délicate l’observation des journées de grève annoncées les 21, 22 et 23 octobre. Cette réserve ne constitue pas un désaveu des revendications du FSDT. Le G20 exprime au contraire sa solidarité avec ce front syndical et apporte son soutien aux luttes engagées pour la défense des droits des travailleurs.
Application des accords et dialogue social
Au-delà des revendications générales, le G20 insiste sur les préoccupations propres aux personnels de l’éducation. Il réclame notamment l’application effective des accords, l’amélioration des conditions de travail ainsi qu’une plus grande équité dans le système de rémunération et d’indemnisation des agents de la Fonction publique. Le regroupement syndical attire également l’attention sur les difficultés liées au statut et à la carrière de certains personnels de l’éducation, notamment les décisionnaires. Face à ces défis, le G20 plaide pour l’unité syndicale et la convergence des luttes entre les différents secteurs d’activité. Il invite les syndicats d’enseignants, les travailleurs et les forces sociales à renforcer leur mobilisation autour des revendications légitimes. Les autorités sont, pour leur part, appelées à renouer avec un dialogue social « sincère, inclusif et constructif », devant aboutir à des engagements concrets, mesurables et effectivement appliqués.
Pour le G20, la satisfaction des revendications sociales demeure essentielle pour restaurer la confiance entre les autorités et les partenaires sociaux, préserver la stabilité sociale et garantir un service public de qualité. Le regroupement réaffirme ainsi sa disponibilité à participer à toute initiative unitaire en faveur des droits des travailleurs et d’un système éducatif performant.
Mouhamed SY