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VIOLENCES SEXUELLES DE GUERRE : Le ministre des droits humains du rdc exhorte le monde à sortir de l’inaction

Aziz Watt

Face aux violences sexuelles commises dans les zones de conflit, la République démocratique du Congo plaide pour une réponse internationale plus ferme. Son ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya Tanda, réclame des mécanismes durables de coordination, une justice plus efficace et une meilleure prise en charge des survivantes et des enfants nés des viols. Les victimes ne peuvent plus attendre que les déclarations diplomatiques se transforment, un jour, en actes. C’est, en substance, le message adressé par le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya Tanda, à la communauté internationale. À l’occasion d’une rencontre consacrée à la prévention des violences sexuelles liées aux conflits, le responsable congolais a plaidé pour une mobilisation qui dépasse les engagements de principe et débouche sur des résultats concrets. En 2026, la République démocratique du Congo partage avec l’Ukraine la coprésidence de l’Alliance internationale pour la prévention des violences sexuelles liées aux conflits, connue sous le sigle anglais PSVI. Pour Kinshasa, cette responsabilité doit servir à renforcer les instruments internationaux de prévention, de poursuite des auteurs et d’accompagnement des victimes.

Un dispositif international à pérenniser

Au cœur des propositions congolaises figure la mise en place d’un secrétariat permanent chargé d’assurer la continuité des activités de l’Alliance. Le ministre estime qu’une structure internationale ne peut produire des effets durables sans mémoire institutionnelle, suivi des engagements ni coordination entre ses membres. Cette réforme viserait notamment à éviter que les initiatives engagées ne s’interrompent au gré des changements de responsables ou de la fin des mandats. Elle permettrait également de mieux mesurer les résultats obtenus et d’identifier les États qui traduisent leurs promesses en politiques concrètes. Autre axe prioritaire : mettre fin à l’impunité. Samuel Mbemba préconise un renforcement des législations nationales, une meilleure préparation des magistrats, des policiers et des militaires, ainsi qu’un recours systématique aux outils internationaux de documentation des crimes. L’enjeu est de faciliter l’établissement des faits et de renforcer les possibilités de poursuites judiciaires.

Les enfants nés des viols au cœur des priorités

Le ministre a également attiré l’attention sur le sort des enfants conçus à la suite de violences sexuelles en période de conflit. Exposés au rejet social, à la discrimination et à l’exclusion, certains rencontrent des difficultés pour obtenir une identité juridique et accéder aux services essentiels. La réponse défendue par Kinshasa repose sur plusieurs garanties : déclaration des naissances sans discrimination, accès à la nationalité conformément au droit applicable, soins psychosociaux, scolarisation, justice et réparation. La réinsertion ne devrait pas se limiter aux survivantes, mais intégrer aussi leurs enfants, dans le respect de la vie privée et de la dignité de chacun. Évoquant la situation dans l’est de la RDC, Samuel Mbemba a avancé le chiffre d’une femme violée toutes les quatre minutes dans le contexte du conflit. Cette statistique, ainsi que son attribution, doit être rapprochée de sa source originale avant toute publication définitive.

Des engagements avant la fin du mandat

À deux mois de la fin de la présidence congolaise de l’Alliance, le ministre appelle les États membres à désigner des points focaux nationaux, à fixer des objectifs vérifiables et à soutenir financièrement les programmes de réintégration ainsi que le futur secrétariat permanent. Pour Kinshasa, le bilan de cette présidence ne devra pas se mesurer au nombre de réunions organisées, mais à la capacité de l’Alliance à améliorer concrètement la protection des victimes. La RDC entend ainsi faire de la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits un engagement collectif assorti de responsabilités, de moyens et de résultats.

 

Mohamed SY

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