Votre site d'informations générales !

« On aurait pu commencer par le dialogue » Cheikh Yerim Seck sur la situation politique actuelle

« On aurait pu commencer par le dialogue » Cheikh Yerim Seck sur la situation politique actuelle

Cheikh Yérim Seck, un observateur de la scène politique sénégalaise et auteur du livre « Macky Sall face à l’histoire » (éd. L’Harmattan), a récemment offert son analyse experte sur les enjeux de la crise politique qui secoue actuellement le Sénégal, ainsi que sur le report de l’élection présidentielle annoncé par le président Macky Sall. Dans une interview accordée à un journal français depuis Lyon où il réside présentement, Yérim Seck décrypte les facteurs clés qui ont conduit à cette situation tendue.

 

L’annonce du report de l’élection présidentielle, initialement prévue pour le 25 février, a plongé le Sénégal dans une période de crise politique sans précédent. Les candidats de l’opposition dénoncent unanimement ce qu’ils qualifient de « coup d’État constitutionnel » et ont annoncé leur intention de poursuivre leurs campagnes malgré le report. Les réactions sont mitigées au niveau national et suscitent une vive préoccupation sur la scène internationale.

Selon Cheikh Yérim Seck, plusieurs facteurs ont contribué à cette crise politique:

« Un ensemble de facteurs et d’événements bouscule la politique sénégalaise. Ce qui a conduit le président de la République, Macky Sall, à reporter l’élection au 15 décembre. » a laissé entendre l’expert avant de citer notamment l’arrestation de la candidate Rose Wardini pour parjure, en raison de sa double nationalité, ainsi que le rejet de la candidature de Karim Wade, malgré sa renonciation à sa nationalité française.

De plus, les conditions controversées dans lesquelles 41 candidats ont été disqualifiés, ainsi que les accusations de corruption portées par le Premier ministre contre deux magistrats du Conseil constitutionnel, ont sapé la crédibilité du processus électoral aux yeux du président Macky Sall.

Yerim Seck souligne également l’émergence du mouvement Pastef selon lui à l’origine de cette « nevrose » de la societé qui a contribué à une atmosphère électrique et à une crise de confiance généralisée:

» L’irruption brutale de Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité, parti antisystème), avec des pratiques politiques inconnues (violences verbales, manifestations monstres, dégradations), a changé le paysage. En mars 2021, le pays a failli baculer, ce qui a bouleversé le métabolisme de la scène politique sénégalaise. L’État a alors surréagi avec des arrestations et des emprisonnements, notamment celle du leader de Pastef, Ousmane Sonko, l’interdiction de son parti. Tout cela a contribué à la psychose et à cette ambiance électrique. «

 

Interrogé sur la brutalité apparente du report de l’élection présidentielle à trois semaines de la date prévue, Cheikh Yérim Seck reconnaît que l’idée peut choquer, mais souligne que des injustices flagrantes ont rendu cette décision inévitable. Il évoque également les tensions internes au sein du parti présidentiel, exacerbées par la désignation controversée du Premier ministre Amadou Ba comme successeur potentiel.

Enfin, concernant les accusations d’une dérive autoritaire de la part du président Macky Sall, Yérim Seck estime que:

 

« Le Sénégal n’est pas formaté pour l’autorité. Nous avons une longue tradition de manifestations, d’émissions libres de radio et de télévision, de libertés politiques et syndicales »

Cependant, il critique la décision unilatérale du président et souligne qu’un dialogue préalable aurait été préférable pour apaiser les tensions et restaurer la confiance dans le processus démocratique.

avec Senegal7

laissez un commentaire