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AFFLUENCE DE MENDIANTS SUR LES PASSERELLES Une mendicité des temps modernes, un véritable problème d’incivisme à Dakar

 

La mendicité sur les passerelles constitue de véritables problèmes d’incivisme. Les Sénégalais, obligés de passer sur ces passerelles constatent que la gestion de l’environnement des espaces publics se pose avec acuité. Il serait difficile même, de concevoir que ces passerelles, envahis par des mendiants à la quête de pitance soient érigées en lieu de mendicité. Cet envahissement, regrette-t-on, engendre de fâcheuses conséquences d’entraves à la libre circulation des personnes et des biens. Ce phénomène de mendicité des temps modernes est plus rencontré à la Patte d’Oie, en face de l’hôpital Nabil Choucair et sur le Pont d’Ouest-Foire sur la VDN. La montée sur ces deux passerelles sont régulièrement, bloqués par des mendiants qui se donnent à coeur-joie, le droit d’installer des tentes pour se couvrir de la chaleur. 

Le phénomène de la mendicité prend bien ses marques au Sénégal. Il s’ancre davantage dans le décors de l’environnement des Sénégalais. Mais, cette mendicité avec ses tares se spécifie à Dakar. Peut-être, les mendiants ont fait marcher leur ingéniosité et génie pour bien profiter et tirer profit de leurs activités. Mais, un constat démontre que le trafic ou la mobilité des personnes, contrainte, n’est pas toujours fluide sur différentes passerelles de la capitale sénégalaises. Des mendiants à la quête de pitance se donnent pleinement le droit d’envahir les passerelles. En plus des vendeurs d’accessoires et diverses marchandises, ces mendiants s’agrippent sur certains points très fréquentés pour des pièces de monnaie. Ils acculent sans retenue, agacent et bloquent les passants. 

DIFFICILE TRAVERSÉE DES PASSANTS 

L’occupation anarchique de la passerelle de la Patte d’Oie de meure un danger pour les piétons qui ne peuvent plus traverser aisément. La traversée de ce pont devient un véritable casse-tête avec l’envahissement des mendiants. Un désordre surréaliste empêche la libre circulation des personnes et des biens et constitue un réel pro blème d’insécurité. C’est peut être, pour des raisons stratégiques que ces mendiants envahissement du matin au soir ces passerelles. D’après certains, ce flux est occassionné par l’offre généreuse de certains passants qui n’hésitent pas à balancer des sous. Le phénomène, prenant de l’ampleur et des dimensions inappropriées dérange certains qui se demandent pourquoi, des espaces non dédiés deviennent le lieu de prédilection de mendiants qui y installent tranquillement. Le plus inquiétant dans l’affaire de meure ce désordre, susceptible de créer de gros dégâts si rien, n’est fait pour rétablir l’ordre. 

Ainsi, Arame Ndiaye, charmante jeune fille, bien chamarrée, croissée au pied de la passerelle de la Patte d’Oie se désole de cet envahissement injustifié. Très critique des pratiques d’incivisme, elle évoque le laxisme de l’autorité qui devrait rétablir l’ordre. « Ce n’est pas nouveau de voir des mendiants dans la rue. Partout à Dakar, le constant est la même. Les passerelles piétonnes de la capitale sont transformées en espaces de quête par les mendiants. Une très grande affluence est notée de jour en jour. Alors que, c’est des passerelles conçues pour faciliter la traversée de la route. Elles sont devenues les lieux fa voris des mendiants. C’est un phénomène difficile à stopper », prévient-elle. Un tableau peurt luisant assez équivoque sur le niveau d’anarchie se présente à elle. Très prolixe, elle dénonce le fait que des personnes étalent même, leurs petites nattes pour demander de l’aumône. D’autres s’assoient et s’octroient même, des titres de propriété sur les pieds des escaliers de la passerelle. Ces mendiants bloquent tout bonnement, le passage des citoyens. 

EMBARRAS DES PASSANTS 

La traversée des passerelles, destiné aux piétons, devenu le siège des mendiants devient un vrai embarras pour les passants. D’après certains, la mendicité était l’occupation des talibés ou même des personnes vivantes avec un handicap. Maintenant, elle est devenue l’affaire de tout le monde. Et, le constat fait en est que la plupart des mendiants qui se trouvent au niveau des passerelles sont des femmes ac compagnées de leurs enfants. Des fois, avec des jumeaux ou des jumelles. Mais, le phénomène est plus persistant sur les passerelles de la Patte d’Oie où le bruit des voitures et du rassemblement ne cessent de résonner. Ce décors ne change rien de la posture des men diants, très occupées à réaliser un chiffre d’affaires. De facon très ouverte, tantôt des hommes ou des femmes âgées, accompagnées de leurs enfants défilent sous le regard hagard et méduisé des passants. 

Trouvé dans une place à côté de la passerelle dans une am biance rythmée de « khassaiid », Baye Fall, vendeur de Café dé plore. Pour ce dernier, traverser ce passerelle devient un vrai calvaire pour la population. « Je ne peux concevoir de voir que ces femmes biens portantes restaient stockées toujours, dans les passages piétons du passerelle pour demander de l’aumône. Certes, il n’est pas interdit de quêter. Mais, ces femmes le plus souvent envoient leurs enfants stopper des passants sur les escaliers de la passerelle sans aucune surveillance», se plaint Baye Fall. C’est vrai qu’il pense que certaines personnes font la mendicité pour subvenir à leurs besoins. Mais, ce n’est pas une raison pour occuper fortuite ment, les passerelles. Refusant d’indexer seulement, les mendiants, il cite les commerçants occasionnels qui contribuent à l’encombrement de ces passerelles. 

DES PASSERELLES, UN BON COIN DE MENDICITÉ 

Pendant que certains se plaignent de ces occupations anarchiques. D’autres considèrent que ces passerelles ont une grande utilité pour les mendiants. « Les passerelles sont devenues un bon coin et un bon emplacement pour les mendiants. Les gens y passent en permanence. Et, ces mendiants se campent ici pour avoir quoi se mettre sous la dent le soir », a décrypté Ibrahima Badji, cas quette bien visée sur sa tête. Avec un malin sourire aux lèvres, il rappelle que ces mendiants sont toujours, de bonnes heures, sur ces passerelles. Soulignant que c’est leur bureau, Ibrahima précise qu’ils passent toute la journée sur ces passerelles. Et, ils s’abritent même, des rayons du soleil, en utilisant un pagne attaché aux grilles des passerelles avec l’aide de bâtons. 

Autre lieu, même décors. L’image de la mendicité sur la passerelle de la VDN recoupe celle retrouvée ailleurs. Rien n’a changé. Ces mendiants opèrent avec frénesie et diligence. Ils dé veloppent des stratégies et des modes opératoires identiques. Ils exposent leur tristesse sans issue. Sur cette passerelle de la VDN, deux femmes âgées d’une trentaine d’années attirent forcément l’attention des passants. Non loin d’elles, se trouve une petite fille, dont la tranche d’âge varie entre 15 et plus. Avec son âge juvénile, elle tend la main aux piétons visiblement pressés, pour des pièces de monnaie. « Je suis ici pour aider ma mère. Nous sommes un nombre de quatre. Ma mère, moi et mes deux petites sœurs qui se trouvent de l’autre côté de la passerelle. Nous n’avons pas beaucoup de moyens. Ma mère nous envoie mendier sur les passerelles pour subvenir à nos besoins », a expliqué la petite Nabou, approchée en pleine ac tivité de mendicité. 

A côté des piétons, se plaint ce passant du nom de Médoune Faye. Il voit dans cette mendicité, une irresponsabilité. Pour lui, une passerelle est conçue pour les piétons et non pour quêter. Les mendiants, dit-il, doivent comprendre cela. 

PHÉNOMÈNE DIFFICILE À ÉRADIQUER 

Maty Mbaye, interceptée à la descente du passerelle. Sa tenue laisse deviner qu’elle est étudiante. D’après l’étudiante en troisième année, l’affluence des mendiants sur les passerelles restera un phénomène difficile à éradiquer au Sénégal. Elle estime que beaucoup de ces mendiants sont dans le besoin. « Certaines femmes si elles pouvaient travailler, elles n’allaient peut-être, pas se retrouver ici pour mendier. Il ne faut pas les juger. Elles sont certainement, dans le besoin. Et, certaines d’entre elles, n’ont ni maison, ni personne pour les aider », professe avec générosité l’étudiante. 

Ailleurs, Abdallah Sagna, trouvé en attente de son bus sur la VDN, dénonce ces occupa tions anarchiques. « Ces mendiants ont déjà pris la possession des passerelles. Des fois, ils dorment ici même », regrette-t-il. Conscient des risques, il demande aux maires de faire leur travail. « Si dans chaque localité, on prenait des gendarmes pour les mettre aux passerelles, ca pourrait enfin empêcher cette affluence des mendiants qui gagne de jour en jour, du terrain. Elle installe même, une situation préoccu pante à la population », déduit il. Le jeune homme, très préoccupé du mieux-être de ses semblables interpelle les l’autorités afin de mettre fin à cette forte présence des mendiants sur les passerelles. 



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