Amical Sénégal-Gambie : Une victoire convaincante sur le terrain, une organisation désastreuse en coulisses
Hier, au stade Me Abdoulaye Wade, le Sénégal a dominé la Gambie sur le score de 3-1 lors d’un match amical disputé dans le cadre de la préparation à la Coupe du monde 2026. Si les Lions ont offert le spectacle attendu par les supporters, l’organisation, elle, a laissé un goût amer à des milliers de fidèles venus encourager leur équipe.
La nouvelle équipe dirigeante de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) était pourtant sur un fauteuil. Après avoir défendu les premiers couacs en les attribuant à la coïncidence avec le Gamou, force est de constater que le désordre s’est installé durablement. Depuis trois rencontres, les défaillances s’accumulent sans que des mesures correctives ne soient prises.
Le chaos a commencé bien avant le coup d’envoi. De nombreux supporters ont acheté des billets à 5 000, 10 000 voire 15 000 FCFA pour se retrouver finalement en tribunes rouges, tandis que d’autres, munis de tickets rouges à 1 000 FCFA, ont été dirigés vers les gradins jaunes. À cela s’ajoute une programmation en pleine journée ouvrable, obligeant les fans à s’organiser au prix d’efforts considérables pour se rendre au stade.
Une fois sur place, le calvaire s’est poursuivi. Entre des stadiers dépassés qui répondent avec désinvolture, l’un d’eux lançant : « Grand, je ne peux rien faire, ce sont les gars de la tribune rouge qui sont en train de souffrir », et des forces de l’ordre faisant preuve d’un manque de respect flagrant, l’expérience s’est révélée éprouvante.
Les défaillances logistiques interpellent. La billetterie en ligne avec QR Code, censée faciliter l’accès, s’est heurtée à l’absence de matériel et de personnel suffisants pour assurer les contrôles. Pire encore, des billets comportant des numéros en double ont été distribués, semant la confusion. Et que dire d’Orange, sponsor principal, alors qu’il était impossible de capter le moindre réseau pour passer un appel dans l’enceinte du stade, sans oublier des parkings situés à des kilomètres.
Face à cette accumulation de dysfonctionnements, une question s’impose : comment peut-on traiter avec autant de légèreté des supporters qui parcourent des kilomètres pour soutenir leur équipe ? Il est temps que la FSF prenne ses responsabilités et pense enfin à ceux qui font le stade.
Aziz WATT