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ARRESTATIONS TOUS AZIMUTS D’OPPOSANTS : Me Mame Adama Gueye parle «d’acharnement…»

Les arrestations tous azimuts de responsables et autres mili tants de l’opposition, notam ment ceux de Pastef, participent de l’excès de pou voir. L’ancien bâtonnier de l’Ordre national des avocats, qui s’exprime ainsi, en appelle à la responsabilité des uns et des autres au nom de la démo cratie.
«Ce qui n’est pas bon, c’est l’excès. Quoi qu’on dise, il y a de l’acharnement… Il y a aussi la banalisation des arrestations. Il ne faut pas banaliser les arrestations. Aujourd’hui, on a arrêté beaucoup de gens pour des raisons liées à des déclarations, à des choses qu’ils ont dites. Ça, ce n’est pas bien pour la bonne respiration du système démocratique», a regretté Me Mame Adama Gueye à l’émission «Grand Jury» sur Rfm, hier.

Poursuivant, le président du mouvement citoyen Sénégal Bou Bess rappelle que «la loi n’oblige pas à emprisonner quelqu’un». Et d’expliquer : «Je ne dis pas qu’il ne faut pas appliquer la loi. Il faut l’appliquer, mais dans l’application de la loi, il faut le faire avec intelligence. Parce que la loi vous dit : si quelqu’un commet un délit, il y a plusieurs manières de le poursuivre. Vous pouvez le convoquer, vous n’êtes pas forcément obligé de la garder à vue. Mais vous le convoquez, il arrive, vous le présentez devant le procureur de la République. Et là, le procureur doit mesurer si le fait que la personne reste en liberté est un facteur de trouble à l’ordre public ou pas. Si ce n’est pas le cas, il le laisse en liberté ou il le convoque pour qu’on le juge».

Dans le même ordre d’idées, le droit de l’hommiste estime qu’«on ne respecte pas, en principe, la politique pénale». Autrement dit, dira-t-il, «l’emprisonnement, c’est l’excep tion, la liberté, c’est la règle». Me Mame Adama d’argumenter: «L’emprisonnement doit obéir à des raisons. Le fait que la personne reste en liberté est un facteur d’ordre public. […] La banalisation de l’emprisonnement est aujourd’hui quelque chose de grave. Il faut revenir aux fondamentaux, respecter les libertés élémentaires et aussi respecter la liberté de
circulation. Ousmane Sonko circule; laissez-le circuler»,

ABSENT DU DÉBAT PUBLIC

L’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats, absent de la scène politique depuis quelques an nées, n’a pas manqué de se prononcer sur l’absence de débat politique. «J’avais décidé de prendre du recul, parce que j’étais déjà sur le champ public depuis presque 25 ans. Avec une activité constante, quand
on est en activité, on n’a pas assez de recul et à un moment donné, je me suis posé des questions. Presque 25 ans d’engagement, de plaidoyers, j’ai constaté que ce plaidoyer, même si beaucoup disaient que c’était pertinent», fait savoir Me Mame Adama Gueye.

Et l’ancien candidat déclaré à la Présidentielle de 2019 d’ajouter : «Je me suis posé des questions: est-ce que c’est moi qui n’informe pas bien ou est-ce que les récepteurs ne sont pas intéressés. Voilà, je me suis dit : il faut juste s’arrêter, car ça ne sert à rien de se répéter tout le temps ; de prendre du recul. Cela m’a fait beaucoup de bien, personnellement, parce que quand on est dans l’action, on n’a pas de recul […] On mesure sa satisfaction à l’aune de la satisfaction des autres. Ce n’est pas très agréable. Ce recul m’a permis d’aller vers plus d’humilité, d’introspection, et c’était un exercice très intéressant».

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