AU GRAND MEETING DE LINGUERE : Sonko remobilise les troupes et met la pression avec le calendrier électoral
En tournée dans le nord du Sénégal dans le cadre de l’opération de vente des cartes de membre de PASTEF, Ousmane Sonko a été accueilli par une forte mobilisation à Dahra Djolof avant de tenir un meeting à Linguère. Le leader des Patriotes y a multiplié les critiques contre le président Bassirou Diomaye Faye, tout en affichant sa confiance en une victoire de son camp lors des prochaines échéances électorales. Dahra Djolof a vibré, ce samedi, au rythme de la tournée politique d’Ousmane Sonko. Le président de PASTEF, qui poursuit sa campagne de vente des cartes de membre du parti à travers plusieurs localités du pays, a été accueilli par une foule nombreuse. Cette étape intervient après les passages du leader des Patriotes à Kébémer et Louga. Mais c’est surtout à Linguère que le ton est monté d’un cran. Face à une importante mobilisation de militants et sympathisants, Ousmane Sonko a livré un discours particulièrement offensif à l’endroit du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Le leader de PASTEF a estimé que les orientations actuelles du pouvoir sont en décalage avec les aspirations qui avaient animé le combat politique de son camp dans l’opposition. « Les Sénégalais n’avaient pas voté pour ça. Les Sénégalais ne s’étaient pas battus pour ça. Des vies n’ont pas été perdues pour ça. Des personnes ne sont pas allées en prison pour ça. Les Sénégalais s’étaient battus pour changer le système. Aujourd’hui, c’est ce même système qui est au palais et qui continue de s’organiser », a-t-il lancé devant ses militants. Le leader de PASTEF a ainsi réaffirmé son intention de faire de la prochaine bataille électorale un véritable test de popularité. Selon lui, les éventuelles alliances nouées par le pouvoir ne modifieront pas le rapport de forces dans les urnes. « Il peut aller chercher tous les maires ou nouer des alliances avec tous les partis qu’il veut, moi je ne m’adresse qu’au peuple. Car en démocratie, il n’y a qu’une seule vérité : c’est le peuple », a-t-il déclaré.
Dissolution de l’Assemblée, Sonko lance un avertissement
L’éventualité d’une dissolution de l’Assemblée nationale s’est également invitée dans le discours du président de PASTEF. Ousmane Sonko estime qu’une telle décision, suivie de législatives anticipées, pourrait se retourner contre le pouvoir. Il affirme même que son camp serait en mesure de remporter largement un éventuel scrutin. « S’il organise des élections locales, nous le battrons. S’il dissout l’Assemblée, là, ce sera pire pour lui. Et c’est d’ailleurs ce que nous préférons. Car nous le battrons à plate couture », a-t-il martelé. Poussant son raisonnement plus loin, le leader de PASTEF a évoqué les conséquences politiques que pourrait entraîner une éventuelle défaite électorale du camp présidentiel. « Après, je crains même qu’il ne jette l’éponge avant 2029 », a-t-il ajouté. Malgré la virulence de son discours politique, Ousmane Sonko a appelé ses militants à la retenue. Il les a exhortés à ne pas céder aux provocations et à rester mobilisés dans la perspective des prochaines échéances. Le président de PASTEF estime que certains acteurs chercheraient à provoquer une réaction des militants afin de pouvoir prendre des mesures contre son parti. « J’appelle les gens à la vigilance et au calme. Car ils sont en train de voir comment provoquer PASTEF pour que les jeunes réagissent, afin qu’ils dissolvent le parti et retirent le récépissé », a-t-il affirmé. Pour Ousmane Sonko, la discipline et la mobilisation de ses troupes constituent donc des éléments déterminants dans la bataille politique à venir.
El Malick Ndiaye rejette tout report des élections locales
Dans la foulée de la sortie d’Ousmane Sonko, El Malick Ndiaye a lui aussi durci le ton sur le calendrier électoral. Présent à Linguère pour accueillir le leader de PASTEF, l’ancien président de l’Assemblée nationale s’est montré catégorique : les prochaines élections locales ne devraient pas être reportées. Il a notamment établi un lien entre la forte mobilisation enregistrée autour de la campagne de vente des cartes de membre de PASTEF et les enjeux électoraux à venir. « Ce sont nos opérations de vente de cartes de membre qui sont en train de secouer le pays, dans le bon sens. Partout dans le pays, les gens courent pour aller acheter des cartes de membre de PASTEF. Et peut-être que cela pourrait avoir un impact sur la date des prochaines élections », a-t-il déclaré avant d’asséner : « Mais ces élections, personne ne peut les repousser. « Beug beuré, bagn beuré » (il y aura combat, qu’ils le veuillent ou pas). »
Cette déclaration est suite à l’appel lancé par Ousmane Sonko au président de la République pour qu’il fixe la date des prochaines élections locales. Le leader de PASTEF avait notamment estimé que le chef de l’État devait prendre un décret en ce sens, au même titre que les autres décisions relevant de ses prérogatives. À Linguere, Ousmane Sonko et El Malick Ndiaye donnent ainsi un relief particulier à la tournée de vente des cartes de membre de PASTEF. Au-delà de l’opération interne au parti, la mobilisation enregistrée dans les différentes localités visitées apparaît désormais comme un baromètre que les responsables patriotes entendent mettre en avant.