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GESTION DE L’AGEROUTE : Au-delà de la plainte, les questions de gouvernance !

La plainte en diffamation déposée par le Directeur général de l’AGEROUTE, Moustapha Fall, contre l’ancien directeur des ressources humaines, Cheikh Ahmet Tidiane Thiam, prend une nouvelle dimension. Alors que le dossier sera appelé le 20 août 2026 devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, de nouvelles images largement diffusées sur les réseaux sociaux viennent relancer le débat autour de la gestion de l’agence.

Moustapha Fall réclame 200 millions de francs CFA à son ancien collaborateur, à la suite de dénonciations portant sur la gestion de l’AGEROUTE. Mais au-delà du contentieux judiciaire, l’affaire pose une question essentielle : comment sont gérés et contrôlés les moyens matériels d’une structure publique ? Parmi les images les plus commentées figure celle d’un véhicule Toyota V8 présenté comme ayant servi au transport du fils du Directeur général à l’école. Si cette image ne permet pas, à elle seule, d’établir une quelconque irrégularité, elle soulève néanmoins des interrogations sur les conditions d’utilisation des véhicules de l’agence. Existe-t-il des règles précises d’affectation ? Les déplacements sont-ils consignés et justifiés ? Les véhicules sont-ils exclusivement utilisés dans le cadre des missions de service ? Ces questions méritent des réponses documentées plutôt que des conclusions hâtives.
L’affaire remet également au centre du débat la question du traitement des alertes internes dans l’administration. Lorsqu’un responsable dénonce des dysfonctionnements présumés, la justice peut être saisie, mais un contrôle administratif ou un audit indépendant peut aussi permettre d’établir rapidement la réalité des faits. À ce stade, aucune mission d’audit ou d’inspection portant officiellement sur les éléments dénoncés n’a été annoncée. Le ministère des Infrastructures, tutelle de l’AGEROUTE, pourrait donc être appelé à clarifier sa position. L’enjeu dépasse ainsi le duel entre deux responsables. Il concerne la transparence, la traçabilité des ressources publiques et la capacité des institutions à vérifier les alertes qui leur sont soumises. À quelques jours de l’audience, une seule exigence devrait prévaloir : la vérification contradictoire des faits. Les images diffusées sur les réseaux sociaux peuvent susciter des interrogations, mais elles ne sauraient remplacer un audit ni constituer, à elles seules, une preuve. Seule l’examen des documents, des procédures et des responsabilités permettra de faire toute la lumière sur cette affaire.

Mohamed SY

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