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LE COUP DE PLUME – Opposition sénégalaise : où est passé le contre-pouvoir ?

Plus d’une quarantaine de partis et mouvements politiques, mais une opposition qui semble avoir disparu du débat national. Depuis les dernières élections, le silence de nombreuses formations politiques devient difficile à ignorer.

Pendant ce temps, les Sénégalais continuent de faire face à leurs difficultés quotidiennes.
Soyons clairs : l’opposition ne se résume pas aux manifestations syndicales ou aux sorties de la société civile. Elle ne peut pas non plus se contenter de brandir, de temps à autre, la menace d’une mobilisation. Une opposition politique digne de ce nom doit parler, analyser, contrôler, proposer et surtout être présente.

Or, depuis quelque temps, où sont les partis ?

Sur le chômage des jeunes, sur la cherté de la vie, sur le pouvoir d’achat, sur le coût du carburant, sur les difficultés des entreprises, sur les problèmes de l’école, de la santé ou encore sur les nombreuses préoccupations des ménages, les voix politiques se font étrangement rares.

PLUS DE QUARANTE PARTIS, MAIS SI PEU DE VOIX

Le Sénégal compte une multitude de formations politiques. Certaines ont participé aux dernières élections, d’autres ont une longue histoire politique, tandis que de nouvelles structures sont apparues ces dernières années.
Mais une question mérite d’être posée : à quoi servent tous ces partis lorsqu’ils ne sont pas en campagne électorale ?
Un parti politique ne devrait pas être une machine que l’on démarre quelques mois avant une élection et que l’on remet au garage après le scrutin.

La politique, c’est aussi le travail quotidien. C’est aller dans les quartiers, écouter les populations, produire des analyses, interpeller le gouvernement, proposer des solutions et construire un projet alternatif.

OÙ EST L’OPPOSITION ?

Aujourd’hui, lorsque des travailleurs manifestent, ce sont d’abord les syndicats qui montent au créneau. Lorsque certaines questions sociales deviennent brûlantes, la société civile prend la parole. Mais les partis politiques censés incarner l’alternative, eux, donnent parfois l’impression de regarder le spectacle depuis les tribunes.
Faut-il attendre une nouvelle élection pour les revoir ?

C’est justement là que se trouve le problème.
Une opposition qui ne se manifeste qu’à l’approche des élections finit par donner aux citoyens le sentiment qu’elle ne s’intéresse à eux que lorsqu’elle a besoin de leurs bulletins de vote.

LE POUVOIR A BESOIN D’UNE OPPOSITION VIGILANTE

Il ne s’agit pas de demander à l’opposition de rejeter systématiquement toutes les décisions du pouvoir. Une opposition responsable doit aussi savoir reconnaître ce qui va dans le bon sens.
Mais elle doit surtout être capable de poser les bonnes questions.
Pourquoi le chômage des jeunes reste-t-il aussi préoccupant ? Comment améliorer le pouvoir d’achat ? Quelle politique pour réduire durablement le coût de la vie ? Comment accompagner les entreprises ? Quelle réponse aux difficultés du secteur éducatif et sanitaire ?
Voilà les débats que les Sénégalais attendent.
Ils ne demandent pas forcément des meetings tous les week-ends. Ils veulent des propositions, des analyses, des alternatives et des responsables politiques capables de prendre position lorsque l’intérêt général est en jeu.

NE PAS CONFONDRE SILENCE ET RESPONSABILITÉ

Le silence politique n’est pas toujours synonyme de responsabilité. Dans certaines circonstances, se taire peut même contribuer à affaiblir le débat démocratique.
Le pouvoir doit être contrôlé. Les décisions publiques doivent être questionnées. Les citoyens doivent entendre plusieurs voix et disposer de plusieurs options.
C’est le principe même du pluralisme démocratique.
Alors, à ces dizaines de partis et mouvements politiques qui composent notre paysage : où êtes-vous ?

Le Sénégal n’est pas en campagne électorale, certes. Mais le Sénégal vit. Ses problèmes aussi.
Les élections reviendront. Les affiches ressortiront, les meetings reprendront, les caravanes sillonneront les quartiers et les promesses reviendront sur le devant de la scène.
Mais d’ici là, qui parle au nom des citoyens ? Qui interpelle ? Qui propose ? Qui construit l’alternative ?
C’est toute la question.
Car une opposition qui attend les élections pour réapparaître n’est plus vraiment une opposition : elle devient une opposition en mode veille.

M.sy

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