Le Premier ministre Ousmane Sonko a haussé le ton ce mercredi en Conseil des ministres, exigeant la levée immédiate des obstacles qui entravent le lancement du projet de restructuration globale du Réseau de transport en commun de Dakar (RTC). Qualifiée d’initiative « structurante » pour la mobilité urbaine de la capitale sénégalaise, cette vaste réforme est pourtant à l’arrêt en raison de blocages opérationnels persistants.
D’un montant colossal de 267 milliards de francs CFA, ce chantier piloté par le Conseil exécutif des transports urbains durables de Dakar (CETUD) vise à métamorphoser les déplacements quotidiens des Dakarois. Il ne s’agit pas seulement de remplacer de vieux bus, mais de repenser entièrement la connexion entre les usagers et les transports de masse comme le TER ou le BRT. Le projet prévoit une réorganisation approfondie du réseau, une amélioration significative de la desserte des zones périphériques souvent enclavées, et surtout, le déploiement progressif de bus à faible émission pour une ville plus respirable.
Malgré ces ambitions affichées, le Premier ministre a déploré des « blocages opérationnels » qui freinent le démarrage effectif. Sans préciser la nature exacte de ces freins , qu’ils soient d’ordre administratif, financier ou foncier , Ousmane Sonko a donné des instructions fermes aux ministres de l’Économie, du Plan et des Finances. Il leur a enjoint de prendre « sans délai toutes les dispositions nécessaires » pour déverrouiller la situation.
Au-delà des infrastructures modernes et du matériel roulant de qualité, ce projet entend également professionnaliser les acteurs du secteur, un enjeu crucial pour assainir le transport artisanal dakarois. Par cette impulsion politique décisive, le chef du gouvernement affiche sa volonté de passer des discours aux actes pour offrir aux usagers un réseau de bus enfin fiable et intégré.
Aziz WATT