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Paludisme : 199 décès recensés en 2023, des chiffres en hausse

Plus de 7000 cas d’hospitalisation dont 199 décès ont été enregistrés au Sénégal en 2023, selon le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), docteur Doudou Sène. Des chiffres qu’il a révélé mercredi à Dakar, à l’occasion d’une journée d’échanges avec l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD).

Pour M. Sene, le nombre d’hospitalisations liées au paludisme « est de 7 196 et 98,8% ont reçu un traitement antipaludique. Le nombre de décès des cas dus au paludisme parmi les malades hospitalisés est de 199 », a-t-il déclaré.

Des chiffres qui ne cessent d’augmenter depuis 2021, l’année de la pandémie de COVID-19 et justifiées selon le coordonnateur du PNLP par l’absence de moyens suffisants de lutte contre le paludisme. « Il y a une faible complétude des données, avec 26,66%, à la date du 31 janvier 2024 », a-t-il relevé, évoquant « l’impossibilité de mener des analyses épidémiologiques », à laquelle s’ajoutent « les insuffisances dans la gestion des intrants au niveau opérationnel ».

Un déplacement d’une morbidité a été noté depuis l’apparition de de la Covid. En 2024, le constat fait est que le paludisme est disséminé dans trois zones suivant le degré de sa prévalence, dont la première, dite « zone rouge, concentre 76% des cas de paludisme, 55% des décès, tous âges, et 66% des décès chez les moins de cinq ans », a révélé M. Sene. Selon les chiffres du PNLP La deuxième zone dite « jaune » concentre 20% des cas de paludisme, 30% des décès tous âges confondus et 25% des décès chez les enfants de moins de cinq ans. La dernière zone dite verte est caractérisée par une très faible transmission avec 4% des cas de paludisme, 15% des décès tous âges confondus et 9% des décès chez les enfants de moins de cinq ans.

Toutefois, les zones sud et sud-est « demeurent toujours les plus impactées avec de forte transmission ». Une situation selon M. Sene, due à la malveillance de certaines populations face à l’utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA), malgré une campagne de distribution de MILDA ciblant les populations à haut risque menée en direction des “talibés”.

« Au total six cent trente-trois (633) écoles coraniques ont été ciblées à cet effet, pour un total de 35 239 bénéficiaires, dont 28 036 enfants et 7203 résidents non talibés », a précisé le docteur Doudou Sène.

Pour parvenir à éliminer définitivement cette maladie paludisme au Sénégal, le Coordonnateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme propose une « amélioration de la promptitude et la complétude des données » et la « mobilisation des ressources locales pour la lutte contre le paludisme ». Il préconise également la « gestion transfrontalière du paludisme » et un ciblage des populations à haut risque et des zones les plus exposées dans la distribution de routine des MILDA.

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