Votre site d'informations généraliste

RAPPORTS 2024-2025 L’ONLPL : La surpopulation carcérale reste le principal défi

L’Observateur national des lieux de privation de liberté (ONLPL) a présenté, ce lundi 27 juillet 2026 à Dakar, ses rapports annuels 2024 et 2025. Fruit de plusieurs missions d’inspection menées dans les lieux de détention du pays, ces documents dressent un état des lieux des conditions de privation de liberté au Sénégal, saluent les progrès réalisés par les autorités tout en appelant à accélérer les réformes pour garantir pleinement le respect de la dignité humaine.

Quelques jours après leur remise officielle au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, les rapports annuels 2024 et 2025 de l’Observateur national des lieux de privation de liberté (ONLPL) ont été présentés à la presse lors d’une conférence organisée à Dakar. À travers cette rencontre, l’institution a voulu répondre à son obligation de redevabilité envers les citoyens et partager les principales conclusions de deux années d’observation sur le terrain.

Les rapports sont le résultat de visites effectuées dans différents lieux de privation de liberté, notamment les commissariats de police, les brigades de gendarmerie, les établissements pénitentiaires, les centres psychiatriques, les centres fermés pour mineurs ainsi que les locaux disciplinaires des casernes. Selon l’ONLPL, ces missions se sont déroulées dans un climat de collaboration avec les administrations concernées, une coopération jugée indispensable pour garantir la crédibilité des constats et la pertinence des recommandations formulées.

L’institution note plusieurs améliorations dans la prise en charge des personnes privées de liberté au cours des deux dernières années. Ces progrès sont attribués aux efforts consentis par les différentes administrations en charge des lieux de détention.
Toutefois, l’ONLPL estime que ces acquis doivent être consolidés afin de rapprocher davantage le Sénégal des standards internationaux en matière de respect des droits humains.

Malgré les avancées constatées, les rapports mettent en lumière plusieurs préoccupations majeures. Parmi celles-ci figurent le respect du droit à l’alimentation et à la santé des personnes placées en garde à vue, l’amélioration des conditions matérielles de détention, les modalités de fouille qui doivent préserver la dignité des personnes concernées, mais surtout la persistance de la surpopulation carcérale.
L’Observateur national souligne également les difficultés auxquelles son propre mécanisme de prévention de la torture est confronté pour accomplir pleinement son mandat.
Au cours des échanges avec la presse, l’Observateur national, Madiaw Diaw, a reconnu que les conditions de détention restent particulièrement difficiles dans plusieurs établissements pénitentiaires. « De manière générale, les conditions sont difficiles. Il faut le reconnaître. Mais il faut également reconnaître les efforts entrepris par l’État du Sénégal et par les responsables des différents lieux de privation de liberté », a-t-il déclaré.
Il a notamment évoqué les nouveaux commissariats construits à travers le pays, les projets de modernisation de certaines prisons ainsi que les investissements réalisés dans plusieurs centres de détention.

Interpellé sur la question de la surpopulation des prisons, Madiaw Diaw a salué la récente circulaire du ministère de la Justice visant à favoriser une meilleure gestion de la détention provisoire.
Selon lui, ce type de mesures avait déjà démontré son efficacité par le passé. « Nous avons toujours demandé la réactivation de ces circulaires. Nous en avons constaté les effets positifs sur la réduction de la population carcérale. C’est donc une excellente initiative », a-t-il affirmé.
L’ancien magistrat a également plaidé pour un renforcement du rôle des juges de l’application des peines, estimant qu’ils constituent aujourd’hui un maillon essentiel pour limiter les incarcérations inutiles et promouvoir les mesures alternatives à l’emprisonnement.

Madiaw Diaw a rappelé que l’ONLPL n’est pas un organe de sanction mais un mécanisme de prévention dont la mission consiste à accompagner les autorités dans l’amélioration continue des conditions de détention.

Créée en 2009 et effectivement opérationnelle depuis 2012, l’institution dit avoir atteint une phase de maturité après quatorze années d’activités. « Notre mission est d’observer, de dialoguer et de formuler des recommandations afin que chaque personne privée de liberté bénéficie de conditions de détention conformes aux normes internationales », a-t-il expliqué.
Les rapports 2024 et 2025 contiennent ainsi une série de recommandations destinées à accompagner les réformes juridiques et institutionnelles engagées par l’État du Sénégal. L’objectif affiché demeure la prévention de la torture et des mauvais traitements, à travers une approche fondée sur le dialogue, la coopération institutionnelle et le respect de la dignité humaine.

El Malick

laissez un commentaire