SA CARRIERE, SES LIENS AVEC LE SENEGAL, SES OBJECTIFS… La championne de France de saut en longueur, Rougui Sow, se confie au Grand Panel
La Nantaise Rougui Sow, championne de France de saut en longueur a accordé une interview à Grand Panel pour revenir sur son parcours, sa vie entre la piste et le bureau, ses rêves mais également sur les raisons qui lui ont poussé à accepter l’appel du Président de la République du Sénégal de venir dans le pays de ses parents pour représenter sa nation dans les compétions nationales et internationales dans le futur.
Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir athlète ?
« Je suis une athlète internationale de haut niveau avec l’équipe de France depuis à peu près onze ou douze ans et j’ai rejoint l’équipe nationale du Sénégal, il y’a quelques semaines. Ce qui m’a motivé à devenir une athlète c’est un peu par hasard, en étant jeune, j’avais un peu de talent, j’aimais beaucoup jouer à la course avec les garçons à la récréation. J’avais qu’à même un peu de talent et petit à petit, on m’a dit que si j’ajoutais juste un peu de travail que j’avais des capacités pour faire mieux et accéder dans le haut niveau et c’est pour cela je suis devenue une athlète de haut niveau. »
Quels défis avez-vous surmonté en tant qu’athlète sénégalaise évoluant en France ?
« Je dirai juste en tout cas qu’on n’est jamais mieux que chez soi, ce que j’ai compris, et aujourd’hui mon vrai chez moi malgré que je sois née en France et grandit en France, c’est le Sénégal. Aujourd’hui, on a reçu l’appel du président de la république qui a invité la diaspora à revenir et mettre un peu sa prière à l’édifice pour développer les choses et essayer de développer notre pays. Donc c’est ce qui m’a motivé à venir. Je suis issu des parents de l’immigration, c’était des immigrés qui étaient venus comme beaucoup pour essayer de réaliser leur rêve, avoir un avenir meilleur pour leurs enfants. Ils se sont battus avec deux ou trois travails pour nous permettre d’être dans de bonnes conditions pour réussir. Nos parents ont eu beaucoup plus de défis que nous et aujourd’hui en tant franco-sénégalaise, ils ont qu’â même beaucoup facilité la tâche. Donc un gros big up à eux. ».
Comment maintenez-vous votre connexion avec la culture sénégalaise tout en évoluant dans un environnementdifférent ?
« Ça pour le coup, ce n’est vraiment pas difficile parce que moi, certes je suis née en France et grandie en France mais j’ai un lien très fort avec le Sénégal et que déjà j’ai beaucoup de familles ici pour commencer, et de deux, mes parents encore une fois quand on était jeune à la maison, on parlait que le wolof, peu de pulaar (Rires…), moi je comprends très bien le Wolof et je le parle aussi. Donc voilà, je pense que la culture ça commence d’abord par la langue, le fait d’avoir la chance de parler le Wolof, du coup ça me permet d’être ancrée, enracinée dans ma culture sénégalaise. Tout ce qui est le « mbalakh » j’adore, je regarde les séries sénégalaises avec Marodi. Tout le monde sait que je suis la sénégalaise, j’adore m’habiller en sénégalais. Pour le coup pour moi, ce n’est pas vraiment un défi de garder la connexion avec cette culture sénégalaise malgré que je sois née en France. »
Quel est votre objectif sportif principal en tant qu’athlète internationale ?
« Aujourd’hui, moi mon objectif, ce serait de pouvoir apporter le maximum de médailles à l’équipe du Sénégal. Honnêtement je pense que si ce je n’étais pas partie avec l’équipe du Sénégal, je pensais vraiment à prendre ma retraite au final mais aujourd’hui je me rends compte qu’on a qu’à même à faire, je suis au top de ma forme, bien vrai qu’il y’a eu quelques petites blessures en fin d’années qui m’ont empêché d’aller aux Jeux Olympiques mais principalement si j’ai eu la meilleure année potentiellement de ma vie avec des performances au niveau international. Donc, le fait de revenir aux sources au Sénégal en fait, ça me donne envie de repoursuivre quelques années sur une nouvelle olympiade pour essayer d’apporter aussi du coup les médailles internationales au Sénégal et surtout rayonner notre drapeau au niveau international. »
Comment gérez-vous les différences de pratiques et d’approches sportives entre le Sénégal et la France ?
« Je pense que le haut niveau, c’est à peu près la même chose pour tout le monde. Il y’a des aspects incontournables je diraitels que les entraînements, il faut s’entraîner, prendre soin de ce qu’on mange, la nutrition est très importante, la préparation mentale également est importante. Moi je pense même au niveau international, il y’a des bases qui sont présentes pour tous je dirai. Après ce que j’ai énormément apprécié c’est la Téranga Sénégalaise par excellence en allant aux championnats d’Afrique à Douala, je me suis rendu compte qu’avec beaucoup moins de moyens, je peux me permettre au final on fait de très belles choses. Les athlètes, ils sont vraiment beaucoup de courage, ils ont aussi la confiance de leurs encadreurs et ça crée une cohésion exceptionnelle comme une chaleur humaine qu’on retrouve nulle part ailleurs. Je pense que c’est ce qui m’a marqué le plus et c’étaitvraiment très bien apprécié. Le sens du partage c’est les choses qui me touchent beaucoup. »
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes athlètes sénégalais ?
« Ce que je leur dirai honnêtement c’est de bosser, c’est de travailler, travailler c’est bien mais travailler intelligemmentc’est mieux, de ne jamais lâcher leurs études pour du sport. Moi je pense que c’est très bien de pouvoir faire les deux, le sport et les études pour ensuite derrière assurer son avenir professionnel c’est très important. C’est vrai que je ne suis pas assez bien présenté tout à l’heure du coup je vais revenir dessous, moi j’ai des parents qui m’ont incité à toujours continuer mes études et donc je suis allée dans les grandes écoles, j’ai fait ma science pro en continuant le haut niveau, j’ai beaucoup de médailles nationales, j’ai été championne de France plusieurs au saut en longueur. Au niveau international, je suis troisième des européens, finaliste des championnats du monde junior, championne de la méditerranée U23, j’ai eu pas mal de titres internationaux malgré cela j’ai toujours tout fait pour gérer mon projet scolaire et sportif à commencer par ce que je disais tout à l’heure, ma licence Pro. Ensuite en partant aux Etats-Unis en décrochant une bourse pour pouvoir représenter l’université du Caroline du Sud et de Floride State là ou j’ai eu mon master en voyage d’affaires et relation internationale. Je pense que le sport m’a permis d’avoir l’opportunité de voyager à travers le monde entier et c’est une grande fierté pour moi d’avoir pu assurer mon avenir professionnel parce que le sport c’est éphémère ça peut s’arrêter à tout moment, donc le mieux c’est d’avoir prévu la suite. C’est ce que je conseillerai à la jeunesse de poursuivre l’école, les études, de croire en eux surtout les femmes qui ont peur de faire le sport aujourd’hui parce que dans certains endroits c’est un peu tabou genre vous n’allez jamais avoir d’enfant, c’est totalement faux, le sport d’abord c’est la santé, c’est recommandé pour tous, de croire en eux, d’avoir de la rigueur, la persévérance, de la résilience et travail, c’est ce que je conseillerai aux jeunes malgré tous les difficultés , les problèmes qu’ils pourraient avoir , il faut commencer par l’échec pour ensuite réussir. Ce que je donne comme conseil à la jeunesse sénégalaise qui souhaite faire de l’athlétisme. ».
Quel rôle joue l’identité sénégalaise dans votre performance sportive ?
« Personnellement mon identité, se lit partout où je vais c’est-à-dire cela fait parti de moi mon identité sénégalaise et toute personne qui me connaît, sait ça de moi. Quand je vais en compétition, j’aime apporter une « touche africaine », c’est important de savoir d’où on vient, de connaître nos racines, c’est très important. Je n’ai jamais oublié et je suis franco sénégalaise, je suis née en France, certes je suis en grandie en France, mais cette partie africaine de moi, même sénégalaise, c’est quelque chose en moi en fait, je le montre dans ma manière d’être, ma manière de faire, de m’habiller, une petite touche comme ça qui me rappelle le Sénégal. La motivation c’est quelque chose, honnêtement je sais ce que je perds en quittant la France mais je ne sais pas ce que je vais gagner mais ce qui est sûr, ce n’est pas une question d’opportunités, ou aller cherche des finances ou quoi que ce soit, moi mon objectif aujourd’hui, qu’on retourne au source, qu’on arrive à mettre notre pierre à l’édifice que je puisse inciter par exemple toute la diaspora, qui se dit ok, il y’a des opportunités au Sénégal et il faut qu’on puisse nous aussi venir et contribuer au développement du Sénégal . Ce que je gagnerai franchement je ne sais pas, ce qui me motive en tout cas, c’est ce que je peux apporter et je vais essayer uniquement de me concentrer dessous. Je sais qu’il y’a de très belles choses à faire, la jeunesse sénégalaise est motivée, elle veut juste qu’on leur tende la main et moi je suis prête en tout cas à être la pionnière sur cette question-là.
Je remercie aussi Tata Awa Nar Fall qui est ma marraine qui m’a vraiment tendu la main et incité aussi à venir et c’est elle qui m’a vraiment facilité avec la Fédération sénégalaise d’Athlétisme et surtout Pape Serigne Dieng qui est le directeur technique national de cette fédération-là. Et l’AS Douanes mon nouveau club avec Tata Nabou qui m’a ramené jusqu’au Sénégal pour que je puisse participer aux championnats nationaux et ce qui m’a permis aussi de gagner trois titres de championnat national sur 200 haies, la longueur et 4×100 mètre. Sans ces personnes-là, tout cela ne serait jamais possible et ce sont ces personnes qui me tendent la main qui nous permettent de nous exprimer sur le haut niveau. »
Junior Dieng