Un nouveau pas vers l’inclusion financière universelle : le FONGIP et le Ministère de la Microfinance scellent un partenariat innovant
C’est dans une atmosphère empreinte de solennité et d’espoir que Madame Ndèye Fatou Mbodj Diattara, Administrateur général du Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), a pris la parole jeudi 11 juin à l’occasion de la cérémonie de signature de la convention-cadre de partenariat avec le Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire. Cet événement, qui s’inscrit dans le cadre du Pacte pour l’Inclusion Financière Universelle, marque un tournant décisif dans la lutte contre la précarité économique et pour l’autonomisation des acteurs les plus vulnérables du tissu entrepreneurial sénégalais.
Dès l’entame de son allocution, l’Administrateur général, s’exprimant devant le Ministre Alioune Dione et un parterre de directeurs généraux et de partenaires techniques, a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers le leadership du ministre. Elle a salué son engagement indéfectible en faveur d’une finance plus inclusive, soulignant que la cérémonie du jour traduisait une volonté commune de briser les barrières qui tiennent encore une grande partie de la population à l’écart des services financiers.
Un défi structurel enfin relevé
Dans son discours, Mme Diattara a rappelé une vérité aussi criante que paradoxale : les femmes, les jeunes, les coopératives, les mutuelles et les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) constituent la force vive de l’économie nationale, mais demeurent les laissés-pour-compte du crédit classique. « L’accès au financement demeure un défi majeur », a-t-elle déclaré, avant de réaffirmer la mission centrale du FONGIP : faciliter l’accès au crédit non pas en prêtant directement, mais en offrant des mécanismes de garantie robustes qui rassurent les institutions financières.
C’est précisément sur cette expertise que repose l’architecture novatrice de la convention signée. Le partenariat repose sur un effet de levier exceptionnel qui démultiplie la force de frappe des fonds publics. Concrètement, le FONGIP s’est engagé à mobiliser, avec son réseau de partenaires, une ligne de garantie d’un milliard de francs CFA. En face, le Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire ne sera pas en reste : il injectera un montant équivalent à trois fois cette enveloppe de garantie sous forme de financements directs aux bénéficiaires éligibles.
Cet ingénieux mécanisme de partage des risques et des ressources incarne, selon les mots de l’Administrateur général, « la confiance mutuelle entre nos institutions ». Il s’agit de créer un cercle vertueux où la garantie publique sécurise l’investissement privé, permettant ainsi à des milliers de porteurs de projets de transformer leurs ambitions en réalité économique tangible.
Au-delà du crédit, une philosophie du développement
Loin de se limiter à une simple transaction technique, Madame Diattara a tenu à replacer cette signature dans une vision plus large du progrès social. « L’inclusion financière ne se limite pas à l’ouverture d’un compte bancaire ou à l’octroi d’un crédit », a-t-elle martelé avec force. Pour le FONGIP, il s’agit d’un levier d’autonomisation et de dignité. Chaque financement accordé à une femme entrepreneure ne crée pas seulement une activité génératrice de revenus, il solidifie le bien-être de toute une communauté. Chaque jeune financé devient un vecteur de création de valeur. Chaque coopérative renforcée structure l’économie de son territoire.
Cette philosophie est au cœur du Pacte pour l’Inclusion Financière Universelle, qui aspire à faire de l’accès aux services financiers un droit pour tous les Sénégalais. En s’adressant au Ministre Alioune Dione, l’Administrateur général a mesuré le poids de la responsabilité confiée au FONGIP. « La confiance que vous accordez au FONGIP à travers ce partenariat nous honore et nous oblige », a-t-elle affirmé, promettant une gestion rigoureuse de cette ligne de garantie.
Vers une nouvelle ère entrepreneuriale
La cérémonie a également été l’occasion de souligner le rôle des partenaires tels que le Fonds National de la Microfinance, le Fonds de Développement de la Microfinance Islamique et la plateforme d’appui au secteur privé et à la diaspora, preuve qu’une approche inclusive nécessite la synergie de tous.
En conclusion, Madame Ndèye Fatou Mbodj Diattara a formulé le vœu que cette convention ne soit que le début d’une coopération féconde, destinée à faire émerger une nouvelle génération d’entreprises performantes et de mutuelles solides. « Ensemble, faisons de l’inclusion financière une réalité pour tous et un puissant moteur de développement économique et social », a-t-elle lancé, sous les applaudissements d’une assemblée convaincue que l’économie sociale et solidaire est, plus que jamais, l’affaire de tous.
Aziz WATT