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BAISSE DES PRIX DES DENREES DE PREMIERE NECESSITE : Entre déception et insatisfaction chez les ménages

Déception ! C’est le sentiment partagé par les populations de Keur Massar suite à l’annonce de la baisse des prix des denrées de première nécessité, jeudi par les nouvelles autorités. Ces derniers se disent être surpris par les mesures annoncées par le gouvernement et qui sont loin de répondre à leurs attentes. Ils se sont exprimés ce vendredi sur Grand panel.

L’Etat du Sénégal a annoncé jeudi dernier, plusieurs mesures allant dans le cadre de la réduction du coût cher de la vie. Parmi ces décisions, la réduction du prix du sucre, du riz brisé non parfumé, de l’huile du pain ou encore du ciment. Si à travers ces mesures, le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko a pensé alléger le pouvoir d’achat des ménages, il semblerait que ce premier acte n’ait pas satisfait ces ménages qui exprimé leur déception. En effet, ces mesures annoncéessur la réduction du coût de la vie semblent loin satisfaire les populations. « Nous nous attendions à une baisse plusimportante pouvant impacter sur le pouvoir d’achat des sénégalais mais malheureusement l’Etat n’a pas su trouver la bonne solution. Diminuer 15 francs sur le prix du pain et 40 francs sur le riz, cela ne signifie rien du tout. En tout cas ça ne risque pas de réduire nos dépenses », déplore Issa Diop, un père de famille trouvé aux abords de l’auto pont de Keur Massar.

A Quelques mètres plus loin, nous sommes tombés sur Mouhamed Diouf, cet agent de sécurité venu au daral de Keur Massar pour chercher un mouton pour la tabaski. Tout comme Issa, Mouhamed aussi exprime sa non satisfaction concernant la réduction des prix des denrées « Il avaient promis de réduire en deux mois le coût de la vie lorsqu’ils étaient dans l’opposition, aujourd’hui, après plus de deux mois au pouvoir, ils se sont rendus compte que les choses ne sont pas aussi simples qu’ils ne le croyaient. Cette petite baisse qu’ils ont annoncée hier (jeudi) je crois que c’est juste pour rassurer les sénégalais sur cette promesse qu’ils avaient qu’ils ont du mal à tenir, mais la réalité est que je ne vois aucune baisse qu’on puisse notée », rétorqua M. Diouf, qui poursuit : « Une baisse de 10f, 15f ou 50f sur des produits qui étaient beaucoup moins cher il y’a de cela quelques années, ce n’était vraiment pasnécessaire. Mieux valait attendre jusqu’à ce qu’ils puissent réduire conséquemment tous les prix au bénéfice des sénégalais », a-t-il-lancé.

Cet homme, vêtu d’un blouson bleu et blanc, en train de faire le tour des tentes d’exposition des bétails, dans l’espoir de trouver enfin un bélier pour la fête de tabaski, estime par ailleurs que les nouvelles autorités devraient revoir leur politique économique « Je suis ici depuis 9 heures et je n’arrive toujours pas à trouver un mouton tellement les prix sont élevés. Imaginez qu’on vous demande de payer 200 000 francs ou 250 000 francs pour un mouton qui n’est pourtant pas aussi grand ? (pointant du doigt un bélier noir et blanc attaché à 2 mètres de lui). Avec ça, tu dois aussi acheter de l’oignon, de la pomme de terre, de l’huile ainsi que beaucoup d’autres dépenses qui ne sont pas encore sorties… Même si la réduction des prix de première nécessité n’est pas si satisfaisante, l’Etat devait au moins rendre cette décision officielle avant la tabaski afin d’aider les ménages sur leurs dépenses pendant l’évènement », poursuit-il d’un ton crispé.

Si certains pères et mères de familles sont restés sur leur faim après l’annonce du gouvernement sur la réduction du coût de la vie, les commerçants eux semblent plus inquiétés par rapport à certaines mesures. Alpha Diallo, un boutiquier installé au quartier Castor Sotrac, ressortissant de la Guinée Conakry, émet ses inquiétudes concernant le respect de ses nouveaux prix. « Le fait de fixer le prix de la baguette du pain à 160 francs risque de nous poser problème car nous avions déjà du mal à régler le cas de la monnaie avec les clients. Aujourd’hui certaines pièces sont très rares à trouver dans le marché, raison pour laquelle nous risquons d’avoir des problèmes de remise sur la monnaie », a-t-il confié, suggérant un retour aux anciens prix du pain c’est à dire à 150 francsCFA la baguette. Des propos partagés par Babacar Diop, un grossiste du coin qui estime que si l’Etat veut satisfaire le pouvoir d’achat des ménages, il devra ramener les prix à leurs normes habituels et mettre en place des commissions de suivipour faire respecter les mesures « Nous qui vendons en gros, nous avons un autre souci concernant la farine. Aujourd’hui leministre n’a pas évoqué cette filière dans ces mesures et pourtant il veut diminuer le prix du pain, je pense qu’il y’a une incohérence. En plus, les clients n’acceptent pas d’appliquer les mesures en cas d’augmentation, et aujourd’hui ils voudront que nous nous observions la baisse avant même que les mesures ne soient officielles. Je crois que le gouvernement devrait aussi se pencher sur cette question », déclare Pa Diop comme le surnomment les clients.

Après les ménages et les commerçants, il y a aussi le cas desboulangers, autres acteurs majeurs dans la production du pain au Sénégal. Ceux-ci ont également exprimé leur désaccord face à la décision de l’Etat de diminuer le prix de la baguette de pain. Ils réclament d’abord une revue en baisse du prix du sac de farine qui coûte toujours 19 300 FCFA « L’Etat veut réaliser son objectif qui est de baisser le prix de la baguette de 190 grammes de pain à 150 FCFA, il faudrait d’abord réduire le prix du sac de farine qui est de 19 300 FCFA à 13 500 FCFA », a réagi le collectif des boulangers du Sénégal.

Cette baisse timide annoncée sur les denrées de première nécessité va-t-elle alléger les charges des ménages sénégalais et ramener l’espoir chez les populations ? Il faudra attendre l’effectivité des mesures annoncées jeudi, par le ministre secrétaire général du gouvernement pour pouvoir en juger. En attendant cette entrée en vigueur, le constat le même, malgré les efforts de l’Etat qui s’est décarcassé pour obtenir unesubvention de cinquante-trois (53) milliards sur ces différents produits, les sénégalais semblent rester toujours sur leur faim.

 

Djibril DEME

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