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BENNO BOKK YAAKAR, PS, ENTENDEMENT DU SENEGAL, BAISSE DES PRIX, ACCORDS DE PECHE… Alioune Ndoye à cœur ouvert

Le maire de Dakar Plateau et ancien ministre de la pêche, puis de l’environnement était l’invité de l’émission « Point de vue » ce dimanche sur la Radiotélévision sénégalaise (Rts). Le responsable du Parti socialiste et membre de la coalition Benno Bokk Yaakar depuis 2012 s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité. Il est notamment revenu sur les principales raisons qui ont conduit à la défaite de Benno Bokk Yaakar lors de l’élection présidentielle du 24 mars avant d’évoquer les retrouvailles du Parti socialiste. Après avoir dénoncé une baisse « dérisoire » des prix des denrées, l’ancien ministre de la pêche puis de l’environnement sous le régime de Macky Sall a répondu à la question portant sur la liste des navires publiée par le nouveau gouvernement, et rappelé la promesse des nouvelles autorités concernant les accords de pêche.

POLEMIQUES AUTOUR DE LA CANDIDATURE D’AMADOU BA

« Personne n’attaque notre bilan. Tout le monde sait que nous étions en train de construire ce pays avec les moyens disponibles et personne n’attaque ce bilan. A tous mes compagnons je dis, la politique de l’autruche ne nous donne pas la vérité ».

A-t-il été à la hauteur ?

Nous avons perdu au premier tour alors que nous nous attendions au pire à aller au second tour. Ceux qui font plus de bruit, je leur demande un peu plus d’humilité pour voir quel a été leur apport personnel pour qu’on puisse aller vers la victoire. Quel est l’apport de chacun dans les 36% que nous avons obtenus ? Il aurait fallu d’abord ce diagnostic. Le candidat a-t-il su vendre le projet PSE (Plan Sénégal Emergeant) et son bilan ? A-t-il su le défendre ? Parce que nous avions un bilan à vendre. Ce sont des questions qu’il ne faut pas contourner en disant ce n’est pas moi mais plutôt l’autre, car cela ne nous grandit pas. J’invite donc mes camardes à ce travail de vérité au lieu de faire la politique de l’autruche.

Macky Sall a-t-il soutenu Bassirou Diomaye Faye ?

La réalité c’est que le Benno n’était pas solidaire. Il y’avait des clans qui se combattaient et nous l’avons vécu depuis les législatives et même avant, et le président que certains aimeraient désigner comme responsable, n’a eu de cesse de nous rappeler que c’était une catastrophe de nous comporter ainsi, rappelant les enjeux qui allaient au-delà de nos petites personnes. On a dénigré certains investissements qu’on magnifie aujourd’hui à l’image du BRT. Pourtant aujourd’hui les gens ont commencé à voir l’utilité, c’est ça avoir de la vision, se projeter. J’invite donc les nouvelles autorités à faire focus sur le travail afin de donner satisfaction à la population. En réalité, la principale raison de notre défaite découle des égos surdimensionnés de personnes qui avaient oublié ce qu’ils étaient avant que Macky Sall ne les responsabilise…

L’avenir du Parti Socialiste dans Benno Bokk Yaakar ?

Le PS doit rester un parti leader. Il faut que ce parti redevienne ce que nous pensons qu’il doit être. Nous avons les ressorts, nous avons la possibilité, il faut donc rendre cela réel, c’est la première priorité. Maintenant il y’a des réalités politiques qui sont nouvelles, c’est à dire s’il y’a des entités de Benno qui se fissurent, c’est la coalition qui se fissure (faisant allusion à la sortie d’Amadou Ba de l’APR). Il faut voir d’abord comment reconstruire tout ce que nous avions réussi à établir en étant membre de Benno Bokk Yaakar mais surtout éviter que certaines choses ne puissent se reproduire quelle que soit l’entité dans laquelle nous serons. Benno est une réalité politique, c’est la première dans ce pays.

RETROUVAILLES DE LA GRANDE FAMILLE SOCIALISTE

Je veux que Quand on bâtit quelque chose on le fait dans la vérité et dans l’intérêt des sénégalais. Je ne suis pas du tout contre les retrouvailles au contraire plus les gens se retrouveront, mieux ça fera la force du Parti socialiste mais que ça ne soit pas des calculs encore de politiciens car ça ne nous mènera jamais à une victoire.

BAISSE DES PRIX DES DENREES DE PREMIERE NECESSITE

« On a baissé quoi ? » s’est interrogé le maire de Dakar-Plateau tout en ironisant. « Ce sont des mesurettes qui s’imposent à eux et qui démentent ce qu’ils disaient quand ils étaient dans l’opposition. Aujourd’hui ils sont rattrapés par la réalité du pouvoir. Ils devraient plutôt applaudir par rapport à ce qu’ils ont trouvé et ce que les gens faisaient.

Sur le prix du pain, M. Ndoye redoute une baisse du poids du pain pour encadrer cette mesure. Sur la taxe spéciale sur le ciment, il pense que c’est un choix « Je rappelle que cette taxe était destinée au financement du programme extrêmement important qu’ils entendent développer et conserver, à savoir le programme des 100 000 logements. C’est pourquoi à chaque fois il faut voir quel va être l’équilibre finalement trouvé quand on enlève ceci à un programme important pour le mette ailleurs » Selon lui, on aurait pu s’attendre à une baisse beaucoup plus « construite et mieux préparée ».

« La mission de l’armée n’est pas de contrôler les prix »

La première faille c’est qu’il fallait convoquer la fameuse commission nationale de la consommation avant d’annoncer les mesures de baisse. Aujourd’hui vous avez des commerçants en face. Un commerçant qui a un stock acheté à un prix donné, il ne le vendra pas à perte, donc ce sont des réalités à intégrer. Ce n’est pas parce que vous mettez des forces de l’ordre que (…) Il préférera fermer sa boutique que de vendre à perte. Il faut des échanges et des discussions avec ces tiers pour maîtriser toute la chaîne, donc on n’annonce pas les baisses aux sénégalais pour créer une forme de pression sur les tiers pour ensuite venir les présenter comme des coupables. Chaque corps a ses missions, et les missions de l’armée ce n’est pas de venir se transformer en agriculteur ou en contrôleur des prix, l’armée a une mission régalienne qui doit être renforcée et qui est une nécessité pour nous les citoyens. Il faut plus tôt recruter et équiper les services du commerce, mettre les équipements roulants qu’il faut à disposition. Il faut donc accentuer ce qui se faisait et le continuer. Sinon c’est des mesures tellement temporaires que les gens pourraient fermer leurs boutiques en attendant des mesures pérennes.

« Une baisse dérisoire, et l’électricité, et l’eau… ? »

Aujourd’hui le sénégalais s’attend aussi à la baisse du prix de l’essence, de l’électricité qui coûte assez cher, de l’eau… ce n’est pas uniquement trois à quatre produits de première nécessité car tout est lié. La réalité c’est que l’actuel régime a été élu grâce à ses promesses mirobolantes qui, selon eux, n’étaient pas faites simplement parce que nous n’avions pas la volonté politique, et puisqu’eux ont cette volonté politique, et que ça fera bientôt cent jours qu’ils sont à la tête de notre pays, il faut que ces promesses deviennent une réalité.

SUR LE NIVEAU D’ENDETTEMENT DU SENEGAL

Ils héritent de ce passif, et d’un actif à saluer. Oui ils auront des dettes car le Sénégal a construit plusieurs dizaines d’infrastructures majeures dans l’éducation, dans la santé, dans le transport, et qui sont utiles à ce qu’ils sont en train de faire. L’endettement est raisonnable quand il sert à notre développement économique. Aujourd’hui la réalité de l’endettement du Sénégal est sanctionnée positivement par des instances de notation mais également par nos partenaires techniques et financiers. Aujourd’hui les nouvelles autorités ne sont pas là pour nous présenter des excuses, elles sont là pour régler le problème des sénégalais comme nous le faisions. Maintenant ils disaient que nous le faisions mal donc il faut qu’ils apprennent à le faire mieux et rapidement car ce sont des réalités que nous vivons. Le Sénégal était sur une rampe de développement, en construction, c’est pourquoi je défendais la continuité parce que je savais qu’à très court termes, le Sénégal allait atteindre un niveau enviable où le retour serait quasiment impossible.

J’invite les nouvelles autorités qui ont la confiance des sénégalais à faire focus comme ils aimaient le dire sur ce travail pour donner satisfaction à la population, au lieu de chercher à chaque fois de petits poux, de faire la politique politicienne qui nous retarde vraiment, et ils sont en train de nous inviter à venir hâtivement dans l’arène politique. Je rappelle à ces messieurs que nous sommes des politiciens, que nous avons été opposants avant d’être au pouvoir donc nous savons ce que c’est et nous les invitons pour l’intérêt des sénégalais, à aller dans ce sens.

SUR LES ACCORDS DE PECHES ET LA LISTE DE NAVIRES

Quand je quittais le ministère de la Pêche, la flotte opérant dans nos eaux était passé de 196 à 161 navires, lesquels se décomposaient en cent vingt-neuf (129) navires sénégalais, 30 de l’Union européenne, et 01 du Cap vert. Dans les 129 navires sénégalais, les 80 sont du Gaipes. Maintenant on nous a promis de rompre les accords, j’attends que cela se fasse parce que ce n’est pas là-bas le vrai problème si on veut régler les difficultés de ce secteur. Il faut que les gens s’assoient et se disent les vérités et je reste disponible pour ces échanges. Quand on parle d’audit, je rappelle que j’avais fini de faire auditer le pavillon sénégalais et le re jaugeage de tous les navires. Ce rapport est disponible au ministère, il s’agit simplement de l’exploiter.

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