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Crise politico-institutionnelle : Me Ousmane Ngom donne des solutions

Me Ousmane Ngom, ancien ministre de l’Intérieur sous Wade, s’est exprimé sur la crise politique qui secoue le Sénégal depuis mars 2021. Il propose aux acteurs des dispositifs électoraux qui permettront au Sénégal de sortir du trou noir dans lequel il risque de se noyer.

Depuis l’affaire Sweet Beauté, opposant Ousmane Sonko à l’ex-masseuse, Adji Raby Sarr, le Sénégal traverse les tourbillons marins les plus lugubres de son histoire.
À cause des querelles politiques suscitées par l’emprisonnement d’Ousmane Sonko, le report de la présidentielle de 2024, des vagues de manifestions, les unes plus violentes que les autres, ont sapé le décor paisible du pays. De jeunes sœurs, prises au piège dans un bus de transport en commun, par les flammes issues d’un jet de cocktail Molotov, ont péri ; des manifestants morts par balles, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a vu ses archives brûlées, le chapiteau de sa faculté de droit incendié ; des stations services et des supermarchés ont été pillés puis brûlés ; des biens publics (comme le TER) et privés ont été vandalisés et / ou incendiés, etc.
À ces drames, Me Ousmane Ngom, qui fut ministre de l’Intérieur sous Wade, a préconisé des solutions de sortie de crise.

Selon le juriste, le Sénégal a traversé à plusieurs reprises des périodes chaotiques et il s’en est toujours sorti grâce au dialogue. Il n’a pas manqué de donner l’exemple des « armes libyennes » ou les tensions post-électorales de 1988 qui avaient valu à Wade et ses partisans (dont lui-même) la prison.
Il se rappelle de ces épisodes où les adversaires Me Abdoulaye Wade et Abdoulaye Diouf, chef de l’État à cette époque, avaient dû négocier pour éviter le pire. Il y eut une fois, d’après lui, où Wade, alors qu’il était opposant et lui avaient été extrait de la geôle pour aller retrouver le président Abdou Diouf et Jean Collin à Popenguine – commune du département de Mbour, dans la région de Thiès -. Il y eut des pourparlers qui ont mené à l’affranchissement de prison de Me Wade et ses partisans.

À en croire Ousmane Ngom, si aujourd’hui les acteurs politiques n’arrivent plus à dialoguer, c’est parce que la démarche n’est plus franche. Les efforts de dialogue manquent de sincérité. « Des monologues parallèles ne font pas un dialogue », a-t-il avancé, citant une des phrases épique du président Wade.

Porte-parole du président de la République, Me Abdoulaye Wade, pendant plus de quinze (15) ans, l’homme explique qu’il n’y a pas d’autres voie de salut que le dialogue car, « même les guerres se terminent autour d’une table », a-t-il affirmé.
Avant de proposer une issue de sortie de crise, il n’a pas manqué de rappeler les faits qui ont mené à cet imbroglio. « Il faut avoir le courage de reconnaître que tout le monde avait parlé des dysfonctionnements au niveau du processus électoral. Le fichier électoral, avant même la désignation définitive des candidats, était contesté par les candidats eux-mêmes. Et la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA)
avait dit qu’elle n’avait pas le même fichier électoral que le Conseil constitutionnel. Au niveau du ministère de l’Intérieur, on ne savait pas quel candidat il y avait. Des candidats disaient qu’il y avait des gens qui avaient voté en juillet 2022 qui, aujourd’hui, ne se trouvaient plus dans le fichier du Conseil constitutionnel. Il y avait des tensions très graves et des contestations au niveau du fichier électoral. S’y ajoutent les dysfonctionnements qui ont suivi dans les décisions prises par le Conseil constitutionnel avec l’élimination des candidats spoliés, la désignation des candidats définitifs, la contestation des candidatures de Karim Wade et de Rose Wardini (…) Tout ça allait nous conduire vers une situation inextricable », a-t-il déploré.

Afin de sauver la République, l’ancien ministre de l’Intérieur propose de ne pas se hâter pour aller à un scrutin alors que les moyens ne sont pas réunis car « il y a des étapes du processus électoral qui sont incompressibles. Ça se déroule dans le temps », a-t-il expliqué.
« Ce qui est important est qu’on ne sorte pas de l’année électorale et qu’on puisse trouver une solution acceptable par toutes les parties même s’il y a un décalage plus ou moins important », déclare Me Ngom, pour qui, il urge de trouver « un juste milieu qui permet de dérouler les étapes du processus électoral ».
En ce qui concerne le fichier électoral, l’homme qui fait partie des militants de première heure du PDS (Parti Démocratique Sénégalais), propose un « audit international indépendant » qui peut durer un (1) mois afin que tout le monde s’entende.
« Pour restaurer la confiance entre les acteurs », il propose de mettre sur pied « un comité de veille qui est un organe indépendant, permanent et objectif » et sera « composé d’acteurs politiques, des partenaires au développement (l’UE, les États-Unis, l’Allemagne), de la société civile ». Cet organe va surveiller tout le processus électoral et permettre de « s’entendre sur une date consensuelle » et aller vers une « élection apaisée, transparente et inclusive », a-t-il plaidé.

Parallèlement, Me Ousmane Ngom a déploré la dénaturation du militantisme qui était une « vocation » et une « passion » au sein des partis politiques au Sénégal. Les formations politiques ne respectent plus l’obligation constitutionnelle de former leurs militants en mettant en place des écoles de parti pour leur inculquer le patriotisme. Ce manquement est à l’origine de toutes les dérives notées dans l’arène politique.

Le Grand Panel Quotidien

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