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DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE : Le 8 septembre, jour de vérité

Annoncée à grand renfort de communication pour ce 1er septembre, la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô n’a finalement pas eu lieu.

L’Assemblée nationale a ouvert sa deuxième session extraordinaire, mais la DPG a été renvoyée au 8 septembre. Derrière ce simple décalage de calendrier se joue un enjeu autrement plus lourd : celui du rapport de force entre l’Exécutif et le Parlement. Le 1er septembre devait être le jour d’Ahmadou Al Aminou Lô. Ce devait être le moment où le Premier ministre, nommé le 25 mai dernier, allait enfin présenter devant les députés les grandes orientations de son gouvernement. Il faudra finalement attendre une semaine supplémentaire.

L’Assemblée nationale a bien ouvert mardi sa deuxième session extraordinaire de l’année, avec un ordre du jour consacré à la DPG. Mais au lieu du grand oral attendu, les députés ont surtout assisté à l’ouverture formelle des travaux. La Conférence des présidents a ensuite fixé la présentation de la DPG au 8 septembre à 10 heures. Le report ne constitue pas seulement un incident de calendrier. Depuis plusieurs jours, la procédure de la DPG alimente les interprétations et révèle un nouveau rapport de force institutionnel. L’Assemblée nationale entend exercer pleinement ses prérogatives, tandis que l’Exécutif souhaite voir son chef de gouvernement présenter rapidement sa feuille de route. À l’ouverture de la session, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a d’ailleurs voulu désamorcer toute lecture d’une crise entre les institutions. « Il n’y a pas de tiraillements, il n’y a pas de tensions », a-t-il déclaré, défendant le « fonctionnement normal des institutions ». Mais les faits politiques racontent une séquence plus complexe. Quelques semaines après les débats autour de l’encadrement des crédits spéciaux, le Parlement et le Gouvernement se retrouvent à nouveau au centre d’une bataille de procédures. L’enjeu dépasse désormais la seule DPG : il touche à la place et aux prérogatives de chacune des institutions dans la nouvelle architecture politique.

Le 8 septembre, l’heure des comptes

Pour Ahmadou Al Aminou Lô, le report peut aussi être l’occasion de peaufiner un discours particulièrement attendu. Économiste de formation et ancien ministre d’État chargé du suivi de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, il devra présenter autre chose qu’une succession de promesses. Le contexte économique lui impose une obligation de vérité. Le Sénégal doit composer avec une dette lourde, de fortes contraintes budgétaires et des attentes sociales considérables. L’accord technique conclu le même jour avec le FMI, portant sur environ 1 243 milliards de FCFA sur 36 mois, place d’ailleurs la future DPG sous une lumière particulière : les ambitions gouvernementales devront être confrontées aux réalités financières du pays. Emploi des jeunes, pouvoir d’achat, souveraineté économique, agriculture, industrialisation, réduction du train de vie de l’État, assainissement des finances publiques : les députés et l’opinion attendent des réponses précises. Le 8 septembre, Ahmadou Al Aminou Lô ne devra donc pas simplement expliquer où il veut conduire le Sénégal. Il devra surtout dire avec quels moyens, selon quel calendrier et avec quels résultats mesurables. Le report du 1er septembre aura finalement transformé la DPG en rendez-vous encore plus politique. Le Premier ministre aura face à lui une Assemblée qui entend jouer pleinement son rôle. Et derrière les députés, une opinion publique qui attend des actes.

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