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LENDEMAIN TABASKI : Les domestiques entretiennent les enchères

Les lendemains de Tabaski constituent un véritable casse-tête pour les ménages. En fait, la plupart des domestiques quittent la capitale pour aller passer la fête en famille, au village. Ne pouvant plus faire face aux tâches ménagères, les employeurs sont obligés d’en chercher après la tabaski, et peu importe le montant à payer. Mieux, des bonnes profitent de cette période pour être des domestiques journalières.

Pour fêter la Tabaski, les domestiques rentrent au village pour passer la fête en famille. En outre, elles ne sont pas prêtes à retourner dans la capitale dakaroise de sitôt. Ainsi, les ménages ne savent plus où  donner de la tête avec les nombreuses tâches ménagères auxquelles ils sont confrontés à longueur de journée. Et trouver une femme de ménage en cette période constitue un véritable casse-tête pour les maitresses de maison. Aussi, il faudra casquer fort pour se payer l’une des rares domestiques qui sont visibles dans les artères de la ville, à la recherche de travail. Pis, certaines bonnes optent pour le travail journalier. Selon elles, c’est plus rentable. En sus, les employeurs se plient à cette volonté sans broncher car ne pouvant pas accomplir ces travaux domestiques eux-mêmes. C’est le cas au rond-point Liberté 6, plus précisément sur les deux voies de Sacré-Cœur. Le décor a changé dans ce lieu où plus d’une cinquantaine de jeunes filles d’origines diverses convergent à la recherche de travail. Et, en ce mercredi, l’endroit affiche la tranquillité.

Des groupes de femmes discutent à voix basse sous les regards inquisiteurs des patrons venus marchander. L’air déboussolé, assise sur une brique, la dame cherche désespérément une domestique. « La fille que j’avais m’a jouée un sale tour. Elle ne m’a pas avertie lorsqu’elle rentrait au village avant la fête. C’est à son arrivée qu’elle m’a appelée pour m’en informer. Depuis lors, je suis fatiguée de faire le ménage toute seule alors que je travaille dans une société de la place», explique-t-elle.

Sur ces entrefaites, le vieux Samaké, démarcheur des domestiques, lui présente une. Après quelques minutes de marchandage, la jeune Ndèye Ndiaye retourne sur ses pas. « Je lui ai dit que mon tarif est 45000 FCFA le mois mais elle n’a pas accepté», balance-t-elle. Cette dernière renseigne qu’elle n’est pas allée à Fatick auprès de ses parents pour la tabaski car elles sont très sollicitées ici les lendemains de Tabaski». « J’ai préféré rester à Grand-Yoff. J’ai arrêté le travail que j’avais avant la fête parce qu’en ce moment, je peux percevoir plus à la fin du mois. Les ménages ont besoin de nous actuellement, donc on fait monter les enchères», déclare Ndèye Ndiaye.

Une autre dame ne tardera pas à se manifester. Pour cette fois, elles se sont mises d’accord sur le montant. Le seul hic est que la fatickoise ne veut pas démarrer le travail le même jour. « C’est impensable et inacceptable. Si elles te demandent de venir le même jour, c’est parce qu’il y a beaucoup de tâches ménagères d’après fête qui attendent. La majeure partie de ces femmes sont des fainéantes. Elles ne veulent même pas lever une cuillère ou bien elles ne le peuvent pas à la limite », fulmine-t-elle.

Marie Diouf, sa camarade domestique, laisse entendre : « Demande à la dame si elle peut nous prendre pour cette journée pour 10000 F CFA. Après, on se partage la somme. Je sais qu’elle n’a besoin d’une bonne que pour aujourd’hui, cela explique son insistance. Comme elles sont fausses ». Ce que la dame n’acceptera pas. Laquelle affirme qu’elle ne pourra payer que la modique somme de 2000 F CFA.  Marie Diouf, elle, est une domestique journalière. « J’étais partie à Niakhar pour la fête, mais je suis revenue. C’est pour gagner plus d’argent. Je ne réclame que 5000 F CFA alors qu’il y a certaines qui exigent le double. C’est juste qu’on profite de la circonstance comme les ménages aussi le font avec nous », indique-t-elle.

Avant de poursuivre : « Ces derniers jours d’avant-tabaski, ils nous traitaient comme des esclaves. On faisait le grand ménage tous les jours. Donc, nous voulons aussi tirer un grand profit de cette situation en attendant le retour des autres filles restées au village ». Tout comme Ndèye Ndiaye, Fatou Diouf ne veut pas commencer le travail le même jour où elle est démarchée. « J’ai laissé partir deux femmes depuis ce matin alors qu’elles m’ont proposées 50000 F CFA le mois. Chacune d’elles a voulu que j’entame aujourd’hui le travail. Ce que j’ai refusé. En plus, moi, je préfère faire seulement la cuisine au lieu de faire le ménage », a-t-elle lancé, toute fière.

Toutefois, malgré «les caprices» de ces domestiques, certains demandeurs accèdent à leurs conditions là où d’autres ne sont pas prêts à se soumettre à cette loi qui est loin d’être permanente.

Aïssatou FAYE

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